24 novembre 2009

Oscillations endolories




Jouer à cache-cache avec son écorce c'est quand ton corps te joue des tours de cochons. Il prend les commandes cette damnée enveloppe! Il gagne du terrain... Le cocktail chimique avoue ses limites. Le face à face aura lieu et il faut ruser quand l’ennemi est à l’intérieur. Combat solitaire malgré toutes les empathies... 
Quand il prend les commandes, le laisser faire. Ne plus lutter, c’est inégal. A ce train on s’use. Devenir de bois. Plonger ses racines au plus profond de soi. Laisser flotter ses feuilles, déployer ses ramifications.... Compter les battements de sève. Attendre et mystifier son cerveau. 
A-t-on déjà vu des arbres devenir funambules ? On voit des choses là bas…dont on ne soupçonne pas. Heureux ceux qui ne les connaissent pas, alors ils imaginent.

13 novembre 2009

Aux crochets des hommes



"La chimie a fait des progrès considérables, et nous pouvons savoir ce qui, dans la viande, les fromages, le beurre, donne leur goût à ces produits. Par conséquent, on peut extraire ces substances chimiques et les remttre dans, par exemple, des viandes artificielles. On fait du jambon, on fait du bifteck, on fait ce qu'on veut avec ces produits là."

"Au lieu de laisser les enzymes agir dans nos estomacs, eh bien on peut injecter les enzymes dans la carcasse de l'animal et leur laisser fairele travail d'attendrissement avant consommation (...) On pourrait, si on le désirait, prédigérer l'animal, en quelque sorte, et rendre les morceaux plus tendres dans l'assiette."

Raymon Février, Inspecteur Général de L'INRA, 1970, In Bidoche, Fabrice Nicolino, 2009.

1 novembre 2009

Culture hors sol



Le 104, enclave culturelle du 19ème arrondissement Parisien, périclite: "Mais comment faire décoller le lieu ? Cantarella et Fisbach demandent qu'on leur donne du temps. Et un peu plus d'argent. L'enveloppe actuelle de 8 millions d'euros, à laquelle il faut ajouter quelque 2,5 millions d'euros de ressources propres (location d'espace, mécénat), ne suffirait pas." Le Monde, 31.10.09.

Et combien encore? 8? 10? 12? Qui dit mieux? Et qu'on me fasse pas le coup du poujadisme rampant...Comme si un gros chèque allait régler le problème...Faire de la culture hors sol à coup de carnet d'adresse et de réseaux, au mépris du contexte local de l'arrondissement, à la barbe des services publics de base et nappée de sophistication glacée. Voilà le concentré de jacobinisme...la culture d'État. La recette miracle? Embaumez moi ça les croquemuches!

Bastion...baston!


Bastion, forteresse, citadelle...c'est le déluge pour désigner cet autre château fort de la mythologie sociale que fut Renault-Billancourt. Quand le site ferme en 1993 le département des Hauts de Seine décide de trier sur le volet quelques photographes pour immortaliser le paquebot, sentant bien que la pelleteuse n'était pas loin. Seulement la visite se fait à "objectif guidé" et sous haute surveillance. La direction de Renault ne tient pas à ce qu'on sacralise le panthéon de la lutte syndicale. S'il y avait moyen de lisser tout ça et qu'on ne retienne que la gloire industrielle...le reste? Aux oubliettes de l'histoire...sans blagues...le mur est tombé. Bref cette première visite sera sertie, rivetée, expurgée. De fait, Billancourt restera, avant sa mise à mort définitive, assez largement et efficacement soustraite aux regards indiscrets. L'étau se desserrera à peine 10 ans plus tard, juste avant que le navire ne soit sabordé.

Rien d'étonnant me direz-vous? Depuis 1984 on sait bien que rien ne vaut un bon contrôle de l'histoire pour faire passez la pilule. Certes. Depuis il y a eu le Technocentre, opportunément surpassé par France Télécom. Au suivant.

14 octobre 2009

Principe de soutènement


C'est à se demander comment l'édifice tient encore. Depuis l'après-guerre, l'un des principaux point de tension du régime politique italien peut grossièrement se résumer à un combat entre l'état de droit et la nébuleuse oligarchie-mafia. Pour être parfaitement lucide, il s'agirait plutôt d'un contingentement chaotique par la justice des assauts réguliers du cartel politico-mafieux contre les principes républicains, au premier rang desquels figure l'égalité devant la loi. Et c'est précisément au visa de ce principe républicain que la Cour Constitutionnelle italienne a annulé il y a quelques jours une loi ordinaire et sur mesure, prévoyant notamment l'irresponsabilité pénale du président du Conseil. C'est une indéniable et temporaire victoire de l'état de droit et un bon coup de pied au cul du cavaliere lubrique. On aurait rêvé en France, d'une Décision du Conseil Constitutionnel aussi nette aux temps de Chirac et Dumas...

Mais vigilance, car en général ce genre d'éclipse n'annonce rien de bon. La dernière passe d'arme a couté la vie à Falcone et Borselino, ouvert l'incroyable déluge judiciaire de Mani Pulite, pour se refermer aussitôt sur la création de Forza Italia de Berlusconi. Un nouveau pacte était alors scellé entre l'oligarchie et les clans, dépoussiérant celui passé entre Cosa Nostra et la galaxie Andreotti-Craxi.

Si d'ordinaire la péninsule et ses frasques prêtent à sourire le reste du monde, il n'en reste pas moins qu'elles devraient inquiéter un peu aussi. Car c'est bien souvent le creuset des inventions politiques les plus nauséabondes, le laboratoire d'essai ou la boule de cristal des truanderies en devenir ailleurs, dans d'autres contrées.

4 octobre 2009

Troglodysme


Plongés dans les veines, les entrailles de la ville...quel minerai y cherchons-nous? Ils sont beaucoup d'autres comme eux, certains s'inventant des carrosseries, des carapaces...en apnée ils attendent de pouvoir faire surface. Ceux-là sont alertes, l'œil vif en saccades...cherchent-ils un semblable? Pas tant qu'ils ne se posent, les regard interdits. Alors ils seront trop lointains et se perdront dans l'arrière-plan. Parfois un évènement soudain vient casser le bio-rythme qui autorise l'entorse...C'est selon, bouffée d'air ou coup de grisou. Tels sont les codes de la vie souterraine.

22 septembre 2009

Dungeon Keeper


"Il faut vraiment s’accrocher aux maximes les plus éculées, et notamment à l’idée qu’« il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre », pour persister à formuler des propositions dans un pareil climat de verrouillage d’un ordre de domination, dont en fait on ne devrait pas s’étonner que la probabilité d’une auto-transformation significative à froid soit simplement rigoureusement nulle, et dont on finit par se dire qu’il n’est plus qu’un événement politique de l’ordre du soulèvement pour le faire changer vraiment." F. Lordon, on La pompe à Phynance, post: Si le G20 voulait...

Les affres du prof' sont au rang des types qui rédigent de belles constitutions ou de beaux traités de droits sociaux. Entre le colloque et le droit positif il y a en général une fosse commune. C'est précisément là où le bas de laine s'effiloche. Quand bien même serions nous des cohortes à s'esbaudir sur les brillantes propositions réformistes dont s'agit, encore faudrait-il aller les arracher au prix de quelques bleus et bosses. Et pour en arriver là, il faut s'être offert une sacrée descente, de celle par exemple d'un vrai séisme systémique à avaler votre PEL, compte-chèque et tout le toutim. Fallait-il vraiment sauver le fatras pour souhaiter le changer? Réponse à la prochaine secousse...

19 septembre 2009

Rentrée au hasard


Pour cette rentrée tardive sur Fricherie_s, je ne vous fourguerai rien d'original. Dire du classique serait déjà bien sous estimer l'affaire...Non, nous sommes dans le poncif, dans la tarte à la crème de l'exploration industrielle. Cheratte et son complexe minier, à quelques encablures de Liège, a fait l'objet de multiples visites dont certaines très documentées. Ceci n'empêche que les lieux sont toujours désespérement en décripitude. Alors pourquoi diable en remettre une louche? Bé, parce que le site est superbe pardi, et qu'un oeil averti en vaut bien d'autres. En vous souhaitant une chouette ballade...

25 juillet 2009

Canipèdes


A Paris, dans les jardins du palais royal, de jeunes bimbos russes tombent en arrêt devant un lévrier Iranien. Aussitôt et délaissant les façades arrogantes et décrépies, elles s'adonnent aux poils abondants de la bête. Giboulées de pixels. Shorts moulants. Ronronnements du maître.

Mes plates excuses pour le bien peu de régularité consacré à l'alimentation des lieux. Nous quittons la blanchisserie vosgienne, pour une prochaine virée dans les charbonnages Belges.

26 juin 2009

Decorum


"Une ligne politique, une méthode de gouvernement éprouvée, prouvée par une longue expérience et par un long examen, finit par être sentie comme une loi souveraine...Et du même coup, tout le groupe des réalités et des conditions dérivées s'y intègre. Elle devient incontournable, inattaquable, reconnue comme seule alternative véritable au programme de l'opposition, elle-même convaincue que la vie, dans ses grandes manifestations d'ensemble (évolution des sociétés, des comportements, etc...), est fondée sur un processus global d'accumulation et que ce processus global d'accumulation s'affine et nécessairement s'élève à mesure: il appartient à son évolution et cette conviction est tellement ancrée en nous qu'on oublie l'origine....C'est le signe qu'elle est devenue notre seule réalité..."

A cauchemar is born, Jean-Charles Massera, 2007.

25 juin 2009

Renvois à l'envoyeur


Quel type aurait un sourire béa à l'évocation de se faire uriner ou vomir dessus? Papa bien sûr.

13 juin 2009

Europe et haines


Les hommes devaient êtres comme des arbres, se dresser bien droit vers les cieux...enfin c'est ce que croyait Kant, le moraliste de caserne. Tu parles ouais, ils sont bien tordus vicelards! Et puis au fond c'est pas plus mal, sans quoi quel ennui. Le rapport avec le titre? Aucun. Il me plaisait bien, notez que c'est un vil pillage à Bonvoisin Bernie; l'époque où il braillait. Bon, s'il faut en causer, c'est quand même pas chouette, autant de non votants pour le parlement européen, j'veux dire. Y avait pas le quorum on va la refaire. C'est vrai qu'en même temps se mobiliser pour autant de creux et de vides...pour un machin à qui on demande de temps en temps son avis pour s'en foutre. Comme le voulait d'ailleurs les pépères fondateurs, de ce point de vue c'est réussi. On nous les rebat avec les sages qui voulaient plus de guerres et tout...mais les types voulaient surtout pas que la populace s'en mêle du bazar, bien au chaud entre nous, feutré et diplomatique....Les gueux on les appelle que quand on en a besoin...Un grand marché et pi basta...on fait pas la guerre avec ses partenaires commerciaux....calembredaines et carembouilles...pas en même temps peut être, mais successivement faut voir.... Alors si en plus les taux de participation leur donnent raison.

N'oubliez pas d'aller faire tour sur Lascia perdere, le labo poétique de la boutique.

25 mai 2009

Coupat-ble!


"Si l'on traque avec tant d'avidité les témoignages "de l'intérieur" qui exposeraient enfin les secrets que la prison recèle, c'est pour mieux occulter le secret qu'elle est : celui de votre servitude, à vous qui êtes réputés libres tandis que sa menace pèse invisiblement sur chacun de vos gestes."

"Mais la plus remarquable imposture du système judiciaro-pénitentiaire consiste certainement à prétendre qu'il serait là pour punir les criminels quand il ne fait que gérer les illégalismes. N'importe quel patron – et pas seulement celui de Total –, n'importe quel président de conseil général – et pas seulement celui des Hauts-de-Seine–, n'importe quel flic sait ce qu'il faut d'illégalismes pour exercer correctement son métier. Le chaos des lois est tel, de nos jours, que l'on fait bien de ne pas trop chercher à les faire respecter et les stups, eux aussi, font bien de seulement réguler le trafic, et non de le réprimer, ce qui serait socialement et politiquement suicidaire."

"Le partage ne passe donc pas, comme le voudrait la fiction judiciaire, entre le légal et l'illégal, entre les innocents et les criminels, mais entre les criminels que l'on juge opportun de poursuivre et ceux qu'on laisse en paix comme le requiert la police générale de la société."

Julien Coupat, depuis sa geôle, repris par Le Monde, 25 mai 2009.


16 mai 2009

Magistral naufrage


"Il n'était alors que second. Sur le Cygnus, un pétrolier qui battait pavillon libérien. Une époque où l'Afrique du Sud, alors sous embargo international, manquait cruellement de pétrole. Le Cygnus, plein à ras bord de brut iranien, avait déchargé sa cargaison à Port Elizabeth durant la nuit. Puis il avait repris la mer, par le cap de Bonne Espérance. Après avoir rempli ses cuves d'eau. Là ils avaient attendu les vents, la houle, n'importe quel brin de tempête.
Au sixième jour, ils avaient eu ce que cherchait le capitaine. Un roulis de vingt degrés. Un faible roulis pour un tel bateau. Le Cygnus était un navire de haute mer, construit pour affronter les intempéries. Le capitaine ordonna de naviguer écoutilles ouvertes, puis au lever du jour d'ouvrir les vannes. L'équipage fut invité à préparer ses valises. On mit les canots de sauvetage à la mer et ils s'y embarquèrent après avoir lancé des appels de détresse.
Le Cygnus coula majestueusement. S'y refusant presque. "Dommage". Ce fut le seul commentaire que s'accorda le capitaine."

Les marins perdus, Jean-Claude Izzo, 1997.

7 mai 2009

Autopromo


Poursuite de notre petite promenade dans la grosse laverie des Vosges. Au passage j'en profite pour faire de la méchante auto promo aux habitués des parcours frichesques, s'il en reste. Vous trouverez chers visiteurs un nouveau lien sur ce blog, vers une gâterie répondant au blase "lascia perdere" (presque "laisse béton" en V.O.) Il s'agit d'une œuvre commune, quasi association de malfaiteurs, moi aux images et un sacré complice à la poésie. Depuis le temps que je le tannais tout en frimant pour faire moderne, bé voilà c'est fait, on y est, en ligne. C'est par ici.

27 avril 2009

n°3282


Paulo était un brave type. Le genre à pas rechigner à la tâche, toujours sur le pont...dès que le taulier avait un truc coton c'était pour sa pomme. Il est comme ça, Paulo frondeur et tête brûlée. Ha c'est sûr, que le boss l'avait à la bonne... Certains lui disait bien que ça lui rapporterait dalle, qu'au fond il resterait toujours un soutier, gagne petit à s'écorcher comme ça...Puis voilà, depuis l'accident il a une patte fondue. Les assurances ont rien voulu savoir....fallait pas turbiner le dimanche qu'ils ont dit...Quant au tenancier c'est limite s'il l'a pas engueulé.
Alors quand le vieux a pas voulu cracher les 5%, il était dans les premiers à monter là haut. Remarquez ils l'ont gardé deux, trois jours, pas plus...l'ont pas touché. C'est pas l'envie....mais... 6 mois de trou, comme dit sa bourgeoise, c'est cher payé pour avoir séquestré une enflure pareille.

15 avril 2009

Tout se paye un jour

Un jour je me disais, tout ce fatras en musique, ce serait pas mal...ça permettrait peut être de retenir le client, qu'il reste un peu plus longtemps. Alors j'ai cloqué un gadget à zoule dans la page. Ça avait de la trogne, ça faisait moderne et tout. Et puis paf, vlà qu'ils veulent faire banquer. Alors là niet! Non pas que je sois un assoiffé du tout gratos, mais bon ça va deux minutes de lâcher du flouze dans le vide...Et ils peuvent se le coller au frais leur chantage à la conscience du genre "il faut banquer sinon, bé, y aura pu de gentils artistes indépendants"...M'en fout tiens! Qu'ils aillent taffer en call center! Ils raconteraient moins de conneries dans leur chansouilles...Moi je veux bien raquer pour la création, un fond de chose fait pour ça, bien propre, genre financé sur les abonnements ADSL ou sur les prêts de médiathèques, du genre....mais pas pour les marges arrières de Virgin, Fnac , ziczic.com et consorts. Donc, jusqu'à nouvel ordre, ici, silence.

6 avril 2009

superfictions

Clin d'œil dissimulé dans la façade...comme un signe que l'on croise sur sa route sans y prendre garde...une sorte d'avertissement du destin, une faille étrange dans le déroulement du temps, qui vous laisse un sentiment singulier vaguer à l'âme. Puis, quelques jours plus tard vous dégringole sur le râble une de ces carambouilles qu'on ne souhaite pas aux pires raclures. Alors là, vous rembobinez le fil de la somme des évènements...c'était donc ça le signal que vous n'avez voulu voir, ni interpréter. Puis vous commencez à y croire et effeuillez des trèfles en comptant les feuilles...tâtez la patte d'un rongeur dans votre profonde...Mais si c'était vous le chat noir?...

30 mars 2009

Pousser les bleus


Il parait que le bleu apaise...que sous ses feux les braises sont atténuées...qu'il a cette pâleur tiède qui trompe les sens les plus tourmentés...que c'est pour cela qu'on en fait plein...des bleus...que pour les bébés mâles les chambres sont bleues...que certains disent c'est un bleu...ou vivent ou naissent dans le bleu...qui n'est jamais qu'un noir trop blanc...ou peut-être était-ce un vert dont on retire le jaune...Pour le moment.

26 mars 2009

Intérieur jour

Intérieur jour. Clap. Le type avance sur des œufs. Au moindre croustillements sous ses pas et il est repéré. Il ne lui reste plus que quelques encablures avant de pouvoir se planquer. Il n'a pu s'empêcher de la ramener...plus moyen de passer entre les gouttes. Le maton attendait le faux mouvement pour le poirer. Il parait que dehors ils sont libres...Mais savent-ils qu'ici aussi le moyen âge existe encore? Que les serfs sont désormais en costume cravatte, qu'ils vont et viennent comme les autres, mais sont fermement tenus en laisse invisible. Jusqu'à ce qu'ils craquent...

16 mars 2009

Sous les feuilles


La république perd un de ses résidents. Hier à Sousse, demain dans le Vercors à planer au bout d'un élastique...Faites monter l'artiste...Pas du genre à traîner à l'arrière des berlines...môssieur rêvait d'atomiseurs...plutôt à prendre des trains à travers la plaine.....soldat sans joie, tu nous a faussé compagnie...Il manquera. Pourquoi tu me disais? Parce que lui aurait pu rester jusqu'en 2043.

9 mars 2009

L'habitat en dents de scies

L'autre jour, je tenais la solution à la crise des Stas'Unis, rapport aux subprimes. Bé si, tenez plutôt que de refiler un tas de pognon à des banques (ou ersatzidés) qui savent pas trop quoi en foutre, ou si mal...Et bien, il faut que l'Etat fédéral casque pour racheter les bicoques des pauvres bougres qui se sont retrouvés à la rue, cause qu'ils pouvaient pu allonger. Ainsi, on fait oeuvre utile en (re)logeant des pôves malheureux et pi en plus on permet aux marchés de retrouver leur solvabilité...oué bon, laissons faire les pros, ça a l'air de marcher à mort.
Tiens à propos, le collectif Jeudi noir s'est fendu d'une carte des réquisitions possibles. Mmmm...il y aurait de quoi étoffer.

3 mars 2009

Le plein de vide


Un beau jour ils auraient filé...emportant tout le toutim...le fatras sur lequel on s'écorchait l'échine et on s'érodait l'espérance de...quoi? On aurait trouvé un tas de raisons, l'écran total fiscal!...Pas assez fort!...les cotisations choses qui étranglent!...l'infiltration des soviets.!..la méningite du travail!...les risques que prennent ces gens là...qu'on se rendait pas compte...qu'un jour ça craque!...normal. Pas croire que c'est facile non plus l'évasion fiscale...on vit dans le stress permanent...la traque est rude...presque un exil...une déchirure...Il parait que certains reviennent depuis peu... Depuis je garde toujours une valise de prête...au cas où.

27 février 2009

Sur les ruines des mots


"Le soir du discours du Führer à Königsberg, un de mes collègues qui avait vu et entendu Hitler à plusieurs occasions me dit qu'il était convaincu que cet homme finirait dans la folie religieuse. Pour ma part, je crois aussi qu'il aurait voulu se prendre pour un nouveau Sauveur allemand, que l'exaltation de la mégalomanie césarienne en lui était en conflit permanent avec le délire de persécution, ces deux états pathologiques se renforçant mutuellement, et je crois que c'est justement à partir d'une telle maladie que l'infection a gagné le corps du peuple allemand affaibli et psychiquement détraqué par la première guerre mondiale.
Mais, de mon point de vue de philologue, je continue de croire que si l'impudente rhétorique de Hitler a produit un effet aussi monstrueux, c'est justement parce qu'elle a pénétré avec la virulence d'une épidémie nouvelle dans une langue qui, jusqu'ici, avait été épargnée par elle, c'est parce qu'elle était au fond si peu allemande, tout comme le salut et l'uniforme imités des fascistes-remplacer la chemise noire par la chemise brune n'est pas une invention très originale- tout comme l'ensemble ornemental des manifestations de masse."

"LTI la langue du troisième Reich" Victor Klemperer 1995 (date de publication en Allemagne).

21 février 2009

Recommencements


Et bien voilà, poursuite de la visite...en réalité il en faut plusieurs de visites et parfois à des années d'intervalle pour arriver à récolter des images correctes. Il faut d'abord faire un petit repérage, puis il y a bien sûr et avant tout la météo et donc la lumière...mais l'œil a cette fâcheuse habitude d'être relié au cerveau, lequel est embrumé...a ses humeurs...n'a rien envie de voir...est pressé...ou distrait. Et ce qu'il n'aura pas vu une première fois, ou mal, il le verra mieux la seconde...ou pas...ou les suivantes. Alors il faudrait revenir un nombre incalculables de fois à l'ouvrage pour tromper ses propres travers. Jusqu'à ce que la technique permette un jour d'être définitivement des escrocs. Encore un effort.

19 février 2009

L'enduit de la langue


Je dirais juste qu'il me semble bien que...enfin...j'aurais juste envie de vous dire...écoutez...très sincèrement...j'aurais tendance à penser que les tics de langages sont des gisements...disons des réservoirs de croissance à conneries...et pourtant on s'y laisse prendre. Il faut de la volonté pour résister...de l'attention soutenue, une vigilance proche de la paranoïa. Et puis ça passe, d'autres reviennent, chassent les précédents. Des fois on se prend même à remonter le temps des tics...tiens, à l'époque on disait ça...Du tic de langage passé il deviendrait vintage...Tiens celui là aussi. Trop non? Mortel? C'est clair...

14 février 2009

Improvision


La musique improvisée pourrait être un courant, un sous genre, un mouvement, une étiquette...du bruit...un fracas...un n'importe quoi que n'importe qui pourrait faire...un domaine réservé, une alcôve confinée et restreinte à quelques spécialistes de l'ultra pointu...cherchant toujours plus profond le recoin où ils se planqueraient du vulgaire, du conventionnel. Ni l'un, ni l'autre...une sensation, une tentative, à ne surtout pas laisser aux uns ou aux autres. Il suffirait simplement de laisser de côté une certaine forme de pré jugement, de dressage inconscient...une sorte de mise en l'état de l'esprit d'abord, qui se changera, ensuite, et sur le moment, en une expérience physique, si l'alchimie fonctionne...il se peut que non. Alors on recommencera quelques fois...pour être bien sûr. On reviendra ou pas, c'est selon. Une chose est certaine, on n'entendra jamais la même chose.

9 février 2009

La grande lessive


"Cette semaine le professeur Choron a:
Regretté que les C.R.S. n'aient pas encore expulsé à coup de lattes dans leur cul bénit, les catholiques traditionalistes qui occupent actuellement l'Église de Saint-Nicolas à Paris. Car, enfin, quoi, une église c'est un lieu sacré qu'il est sacrilège d'occuper. C'est à dire un lieu dans lequel il est sacrilège de dormir, de péter, de faire la tambouille, de bouffer, de roter et de déféquer. Et après l'occupation d'une église, il n'y a rien de plus décevant, quand on y pénètre pour prier Dieu, que de se casser une jambe en glissant sur une épluchure de carotte ou que de dégueuler ses tripes et boyaux en découvrant ses doigts pleins de merde après les avoir trempés dans le bénitier."
Le Professeur Choron, Charlie Hebdo, 3 mars 1977.


En fait de grande lessive, il est un cul non moins bénit par le saint patron de la connerie, qui officie en grand diacre sur les ruines de Charlie. Pas d'épitaphe pour le prof' mais les éditos d'un cuistre. Mais l'esprit du prof' reviendra se venger, et déversera des bénitiers de bouses en guise de déluge...Ainsi soit-il.

7 février 2009

Argent de poche


Petite causerie entre banquiers et députés sur l'utilisation de l'argent de poche du côté de l'assemblée nationale ...dont la mass média se contre fout d'ailleurs, tellement au chevet du docteur Knock. Bref, il s'agissait de savoir qu'ont-ils fait du flouze? Échanges en milieu tempéré:

Un député:
"Enfin, j’aimerais aborder la question des contreparties « éthiques ». Envisagez-vous de modifier votre politique de rémunération des opérateurs de marchés et, si oui, dans quel sens ? Qu’en est-il de la distribution de dividendes ?"

Oulàlà, on convoque la morale, en général rendu là c'est qu'on a plus des masses de cartouches.

Réponse d'un banquier:
"Je précise qu’en ce qui concerne BNP Paribas, 92 % de nos salariés sont actionnaires de l’entreprise et qu’une grande partie de leur patrimoine dépend du cours de l’action. Eux aussi souffrent de la conjoncture : le dividende leur est aussi destiné."

Hahahé, oui du détenteur de stocks au manard de guichet, les voilà faisant cause commune. Très habile.

Un banquier titillé sur le sujet :
"Les paradis fiscaux font l’objet d’une définition internationale, à travers la liste du GAFI. C’est aux pouvoirs publics qu’il revient de l’étendre !"

Même pas cap hé! Vas y remue la daube et je trouve un compte à ton nom là dedans!

Un député:
Que les grandes banques françaises présentent un solde net bénéficiaire et que dans le même temps elles ont une politique plutôt restrictive à l’égard des petits commerçants et des artisans. Voilà qui nous conduit à nous interroger. Avez-vous vraiment besoin de ces concours ? Si oui, sait-on véritablement tout de la situation de vos établissements et du système bancaire français ?

Hé voui, c'est comme les moutards, tu leur files 10 balles pour acheter le pain, ils reviennent avec un quignon et des malabars bi-goûts et gueulent qu'il y avait pas assez!

3 février 2009

Archéologie textile


C'est l'histoire d'un truc qui a disparu...le bon vieux capitalisme paternaliste à la papa....avec ses trognes burinées d'entrepreneurs visionnaires, ça sent le monocle et la montre à gousset...durs avec leurs ouailles, mais toujours là pour te construire un bout de ta bicoque...te faire des réducs dans le magasin de bouffe de la boîte. Pour peu que tu craches pas dans la soupe en allant t'encarter...que tu rechignes pas à l'effort national...pour le développement de la glorieuse patrie assaillie par le boche...mais généreuse overseas. Bhâ du moment que ça rapporte...Bref étouffé...mais aimé. Pis quand ça tournait vinaigre on pouvait toujours séquestrer un peu, occuper la machine...Pas comme maintenant, où tu peux toujours te brosser pour séquestrer le tôlier qui en deux clics mettra les bouts tiens!

Hum...Ballade, nous disions donc, sur la piste de ce petit bastion industriel de l'étoffe gisant dans une charmante vallée vosgienne. Pour un témoignage historique suivez les liens, mettez les patins et éteignez la zique en partant.

23 janvier 2009

Bike art


Depuis qu'on m'a retiré les roulettes j'enfourche ma petite reine...pour zigzaguer entre les caisses. Je maudis la chignole dès que je suis au guidon...Rien ne vaut un bon spad pour se garnir les soufflants de la poisse qui charge l'atmosphère de Pantruche...Ha quel bonheur de les regarder s'exciter, bloqués dans leur tire. Quand tout le fatras te tape bien sur la cafetière, hop un bon petit tour de tricycle!

16 janvier 2009

fonds de cuve


Bon aller arrêtes un peu tu gonfles tout le monde avec tes cuves là...hein? A quoi ça rime tout ça? Ils s'en foutent les gens...C'est la crise qu'on te dit, alors tu peux pas causer d'aut'chose, tes bouquins d'critiques là, esbroufe, tourne bourrique...ultra-creux. Graine de terroriss' tiens! Au trou! A l'ombre! C'est ça tu lui diras à l'hermine, qu'elle est indépendante de la charge...décharge...la SDN tant tu y es aussi...Gazaoui...toujours à pencher du côté où la mouise pèse plus lourd...lourd voilà tiens, un mot. Tu peux pas faire comme cette cuve là? Un peu de lévitation...

9 janvier 2009

Le petit génie du réservoir


"Je me rendais bien compte que l'assouplissement du crédit hypothécaire accroissait le risque financier (...). Mais j'ai bien compris aussi que l'augmentation du nombre de propriétaires renforçait le soutien au capitalisme de marché (...). J'estimais donc, et continue à le faire, que les avantages de cet élargissement de la propriété immobilière individuelle valaient bien l'accroissement inévitable des risques. La protection des droits de propriété, si essentielle dans une économie de marché, a besoin d'une masse critique de propriétaires pour bénéficier d'un soutien politique" (Alan Greenspan, Le temps des turbulences, Paris, JC Lattès, 2007, p 304).

"Jusqu'à quand? Pour en finir avec les crises financières". Frédéric Lordon, 2008.

2 janvier 2009

Meilleurs noeuds pour deux mille veufs


Allez pis meilleurs vœux, hein...'fin, bonne année quoi, pas pire que l'autre disons...Et surtout bon courage...Car z'allez en baver des ronds de chapeaux les nez de bœufs. Franchement je préférerais qu'on nous la joue clair et net dans ce goût là, quitte à ce qu'on se dise...boâ elle était pas si rêche celle-ci. Mais bon va pour le bal des faux culs de la méthode Coué, après tout personne n'est dupe. Et surtout bonne santé!...comme disait le croquemuche à son futur client.
Bon, sinon on racle les fonds de cuve des wagons et on passe à autre chose, faut pas lasser le client de nos jours.

13 décembre 2008

fatras chomskritique


Pendant que des types se meulent à en crever à tant être fixement sans domicile, que des pandores se font un petit revival de la milice en traquant la graine d'ultra dans nos écoles républicaines, les chapelles gauchistes encensent leurs dieux païens. Chomsky et Compagnie, c'est le dernier né des usines Mermet, concocté avec l'aide des AMG (auditeurs modestes et géniaux) ce documentaire est idolâtre sur la sommité éponyme. Le genre n'est pas nouveau, Carles avait commis le même type avec Bourdieu. Et c'est parti pour 1h45 de brosse à reluire et d'incantation mystique à la gloire de l'idôle, et pas question de cracher dans la soupe hein!?...Pas d'irrévérence chez ceux là même qui se targuent de traquer la violence symbolique chez les dominants...paf! un bel effet de reproduction dans le champ de la critique "radicale", où on gobe les paroles d'évangiles.
Tiens, l'épisode "Faurisson" en est un bel exemple, au cours duquel Chomsky s'était copieusement pris les pieds dans le tapis en signant, pensait-il, une pétition de défense de la liberté d'expression...en l'occurence la liberté de "Faurisson" à réviser son histoire de l'holocauste. Voici un extrait du texte de la supplique que paraphait l'ami américain de Mermet:

"Le Dr Robert Faurisson a occupé pendant plus de 4 ans, et avec considération, un poste de professeur de littérature française (...) à l'université de Lyon 2 en France. Depuis 1974 il a entrepris une recherche historique indépendante et approfondie sur la question de l'holocauste"

Bon, ben tout roule, le type est propre, sérieux quoi...scientifique tiens! Fallait quand même que le Chomsky ait un sacré besoin de défendre la légitime liberté d'opinion et d'expression pour aller jusqu'à signer une connerie pareille, qui pour le coup défend un peu plus le "sérieux" d'un type que sa liberté à dire des conneries. Mais, bon tout le monde peut se planter, pas vrai? Mais pas Chomsky, nan pas lui, pas touche! Des années après il maintient, premier amendement de la constitution des Sta'sunis en tête, qu'il n'a pas franchi la ligne. L'âge sans doute...
Mais plus inquiétant, c'est qu'il y ait toujours des gars comme Mermet pour lui passer les plats, comme un vulgaire Serge Moati...

12 décembre 2008

Fermez l'écoutille des mots


"Pour qui trouverait qu' "innovation" est la neutralité et l'innocence mêmes, il suffirait de suggérer l'expérience de pensée consistant à se revendiquer ouvertement contre "l'innovation financière", et notamment d'imaginer au bout de combien de temps surgirait l'imputation d'être "contre l'innovation " tout court, c'est à dire en définitive "contre le progrès".

Aussi décisif que le choix des armes, le choix des mots est de ceux dont on fait les avantages stratégiques les plus difficiles à réduire -parce que inaperçus des opposants, et les emprisonnant d'emblée dans des alternatives de sens où ils sont certains de n'avoir que la plus mauvaise place. Quand le problème de la financiarisation est mis dans les termes de "l'innovation", mot si chargé de valeurs positives et bien certain de pouvoir mobiliser à son profit tous les arrières-plans de l'idée de "progrès", il ne faut pas s'étonner que les contradicteurs se trouvent immédiatement renvoyés au registre du passéisme ou de l'archaïsme-c'est à dire que le combat soit perdu d'avance.

Pour avoir une idée de ce que peuvent être ces coups de force lexicaux, il est utile de savoir que pendant des années et aujourd'hui encore d'ailleurs, la littérature académique, censément la plus rigoureuse, n'a pas hésité à qualifier de "répression financière" tous les systèmes financiers qui n'avaient pas consenti à se rendre au modèle des marchés intégralement dérèglementés. Les défenseurs de l'objectivité de la science n'ont visiblement pas été gênés du choix d'un mot-répression-dont l'évidente neutralité laisse tout de même accroire que le moindre projet de restriction aux aises de la finance fait immédiatement tomber dans la catégorie des amis du goulag."

"Jusqu'à quand? Pour en finir avec les crises financières". Frédéric Lordon, 2008.

3 décembre 2008

Le tampon des immeubles


L'effet tampon des grands ensembles? Le gardien, la bignole, les concierges, les portiers, le pipelet, la jacasse..les miens sont pas ordinaires. Allez vous coltiner 5000 résidents et pas loin de 1000 crèches. Pas exactement le petit immeuble à papa, avec les bégonias bien propres à l'entrée, plutôt le genre massif, quasi indus...Et se frapper les nerveux, les qui exigent, les mauvais payeurs...coucheurs...les couches tard, les lève tôt...toute une faune. Et puis tout un fatras d'histoires les plus baroques...les macs, les putes, les flics, les macabs, les camés, ceux qui veulent s'envoler par la fenêtre...de quoi noircir des pages ou la gueule. En attendant, ils tiennent le choc, avant la quille, la montagne et l'air pur...Et des histoires à raconter autour d'une bibine.

2 décembre 2008

Congelez moi tout ça!


On pouvait être quelques uns à se tenir les cacahuètes après avoir visionné "Mâles en péril". La semence tourne drôlement à la sauce blanche...La faute au monde moderne qu'ils disent...aux cocktails de trucs dont on asperge la bouffe, nos couennes, nos trognes...le reste. Benzènes, Phtalates, endochoses...un cirque syllabique tout ce bazar là! A ce train là il va falloir confier le foutre aux banques...vu ce qu'elles font du flouze allez savoir ce qu'ils vont nous inventer avec du liquide...titrisez moi ça messieurs!
Et puis pour ponctuer l'alarme, une gentille causerie-débat. Le militant Veillerette traité de terroriste par l'Allègre de service, on n'oserait dire que la bafouille était stérile...Heureusement la sous ministre aux choses vertes nous a bien fait rire. Ça donnait en gros et dénovlanguisé: "Bon mes enfants on a pas le cul sorti des ronces avec toutes ces joyeusetés chimiques, alors faites comme moi, google-isez vos crèmes de jour et pi achetez Bio, hein!". Merci ma poule, mais on t'a pas attendu!

26 novembre 2008

Je veux descendre


L'autre jour sur le quai de la gare, après quelques discrets au revoir...on se disait, tiens...on va attendre le départ du TGV, histoire de voir combien vont courir comme des dératés pour le choper...Gnark. Peu de poissons dans les filets...mais alors que les portes sont sur le point de se refermer...un client. Pataud, flanqué de deux moutards le genre collé à leurs gadgets électroniques...le type, sourd aux avertissements du personnel, grimpe dans une voiture et laisse les mouflets sur le quai. Là, ça sentait la connerie... Les portes se referment quasi instantanément, le train décolle mollement et dans la foulée les deux morveux deviennent hystériques, le premier chiale et le grand fonce sur l'uniforme fuchsia...qu'il partait pas son darron qu'il beugle à la fille un peu éberluée. Elle marmonne dans son talkie....Quelques secondes plus tard le TGV stoppe...puis après de longues minutes le néandertalien est éjecté, mi hagard, mi réjoui. Bilan 15' de retard, et même pas un crétin à tenailles, dread locks et tee-shirt free Tibet à accuser de terrorisme.

24 novembre 2008

Solarium inutile


C'est un bouquin assez chiant, aigri, fort peu convaincant sauf pour qui serait déjà convaincu...donc assez inutile! Mais je ne résiste pas à en cracher un petit morceau:

"Et pourtant quel tour aurait pris l'histoire des deux siècles précédents si James Watt n'avait pas inventé la machine à vapeur fonctionnant au charbon mais une machine identique alimentée par un miroir solaire parabolique, comme celle que présenta en 1878-une centaine d'années plus tard-le français Augustin Mouchot à l'exposition universelle de Paris? Cet engin fit sensation, d'autant plus qu'on avait justement des problèmes d'approvisionnement en charbon à cette époque. Mais on inventa de nouvelles techniques d'extraction du minerai et la pénurie de charbon fut bientôt qu'un souvenir. Mouchot, lui, sombra dans l'oubli, tout comme son livre publié en 1869, La chaleur solaire et ses applications industrielles; son four à vapeur solaire se trouve aujourd'hui au musée des arts et métiers, à Paris."

L'autonomie Énergétique, Hermann Scheer, Actes Sud 2007.

22 novembre 2008

Autopsie de la décomposition


La télé-évangéliste et la dame de fer se tirent la bourre...Syndrome Floride: il y aura photo à l'arrivée, mais certainement pas d'aggiornamento, celui là il y a longtemps qu'il a été fait. On ne demande pas à une écurie de course d'élever des chevaux de traits, mais du pur sang pour galoper dans la course à la trombine, être agile sur terrains gras et cathodiques. Pendant qu'on recompte, sur quoi fallait-il miser?
La grande alliance sociale-démocrate? Ne prenez pas cet air dégoûté...à force de niveler on voit plus trop qui gauchise qui...
Iron lady qui garde la vieille maison? Les invités surprise qui s'y sont glissés font légèrement trembler les fondations, pas de quoi franchement refaire le coup des rigidités de la RTT...tout au plus sont-elles cadavériques.

11 novembre 2008

Aux manettes


Aux manettes toujours la même engeance, sans vergogne...tout cela passera, comme le reste...une news, un prime, une tête de ligne chasse l'autre...les mémoires en série ou isolées sont comme les circuits imprimés de ta bécane, ingurgitent et recrachent des 0 et des 1 à la suite...et ainsi...les mêmes thuriféraires de la finance d'hier seront les clones de demains régurgitant les mêmes recettes creuses de la petite berceuse...les espoirs d'aujourd'hui seront les rancœurs suivantes, on oubliera les poilus tout autant que les masses collatérales de la SUB_crise qui tombèrent pour des intérêts qui n'étaient pas les leurs. Comme de bons ruminants, nous regarderons passer les wagons, espérant peut être un jour, trouver une herbe plus verte.

5 novembre 2008

Rebonds du sort


Au fond il faut savoir rebondir...Sans doute ce que tentent de (se) prouver les amerloques en mettant du contraste à la maison blanche. Pour le principe c'est chouette. Pour le reste, il faudra nettoyer le bourbier laissé par le précédent locataire, qui était un fameux dégueulasse...l'a plus que bouffé la caution, et je parle pas des sous-locs' foireux qui n'apparaissent pas sur le bail. Autant dire que l'affaire est loin d'être jouée, et il va falloir mettre un sévère coup de fion avant le prochain état des lieux. Mais comme l'heure n'est pas aux sceptiques, contentons nous de lui (nous) souhaiter good luck.

2 novembre 2008

L'épiderme des cuves


L'écume du pachyderme échoué en plein champ tel un astéroïde après une entrée dans l'atmosphère...voire...une banque d'affaire après une crise de liquidités sur les marchés intermédiaires...un chapelet d'alpinistes au fond de la crevasse, les excès de confiance accordés au premier de cordée, pressé d'arriver au sommet avant la clique et qui lâche les poids morts...Qu'importe la vagabonde mentale, cette croûte naturelle-ment travaillée par l'érosion vaut bien d'autres qui s'accrochent dans les salons.

26 octobre 2008

Plantation de cuves


Elle ne roulera plus nulle part, cette vieille tôle...elle a dû en trimbaler du merdier (chimique ?) d'un bout à l'autre de la carte...On lui a viré les roues, et planté là...à côté d'un champ de patates, dont elle imite peu à peu la couleur, mais donnera jamais les mêmes fruits. Mais bon sang, à quoi peut bien servir de laisser attendre cette bombonne? La hausse des cours de l'acier? Stocker du sucre en attendant des jours meilleurs? Un machin qui servira à la Fiac l'année prochaine, et que quelques gogos pétés de golden choses iront casquer en se disant que ça au moins ne décotera pas? L'a foutront dans le jardin de la baraque secondaire, les gosses joueront dedans, dessus, s'inventeront des vaisseaux, des planètes même...

15 octobre 2008

Horizon à bogies


Le paysage donne parfois de drôles de lignes de fuites. Cet endroit insolite, découvert au hasard d'une hypnose grande vitesse, le regard vasouilleux à travers le triple vitrage d'une rame TGV...Allez loger le spot à 300 à l'heure...Coup de fion, un panneau d'aire d'autoroute me mettra sur la voie...plus tard je ferai donc une escale au paradis des wagons en friches. En voiture pour un petit tour.

12 octobre 2008

Les dessous du 104




Coup d'envoi du 104, vitrine culturelle enchâssée dans les travées popu du 19ème. L'idole du trip-hop est annoncée pour emballer le cadeau. Aussitôt des hordes internationales de dandy et de midinettes aux looks ciselés débaroulent...Mais le véritable évènement était quelques encablures plus loin.
Cohue pour l'idole, les portes sont fermées et les flots se rabattent sur les rades du quartier. Non loin de là au bar "Oued Rhiou", comme tous les samedis un groupe folklorique algérien, s'échauffe...La chanteuse, un rien ironique, remercie les touristes pour être venus nombreux...Rires ampoulés des uns et regards moqueurs des autres...on se cherche gentiment...on teste son embarras réciproque...on jauge sa gène...Et puis la darbouka et la flûte imposent un rythme lancinant...irrésistible...les hanches se décrispent...le reste se dissipe...la bibine coule à flot...Dans ces moments d'alchimie, on en oublierait que nous sommes en fransarkozie...

5 octobre 2008

Chambre d'expansion


Quand la machine tourne à plein régime...chut!!...Pas touche. Vous dérégleriez la belle mécanique. Alors que ça fume et toussote, que ça menace de vous pétez au museau, intervenez vite! Sans quoi vous risquez le maousse collapse! Z'avez pas le choix, alors c'est vous qui voyez.

2 octobre 2008

Quadrichrome


Petite touche de couleur trompe l'œil pour clore cette courte promenade à Trignac. Quelques lettres qui se changent en grues, à y regarder de loin, on lirait "Saint Nazaire"...Tout ça dépend vachement du point de vue d'où on louche.
Prochainement, ballade dans un cimetière de Wagons...hummm...

30 septembre 2008

Sub'prise d'otage


"Ils ont maintenant fière allure les héros de la finance. Modernes et arrogants quand les marchés étaient haussiers, les voilà, tel le juge de Brassens face au gorille, "criant maman, pleurant beaucoup", et se jetant dans le giron de la "mamma étatique" qu'ils vomissent quand la fortune leur fait lâcher toutes les vannes de la régurgitation idéologique. Certes, la banque centrale, priée de venir les tirer de la déconfiture en baissant ses taux pour restaurer la liquidité générale, n'est pas le pôle public, le "hors-marché", abhorré quand les profits coulent à flots, supplié quand il fait mauvais temps." (...)
"Mais il ne faut pas s'y tromper. Cette position du banquier central n'est tenable que si les défaillances sont localisées. Qu'elles "coagulent" et précipitent un "risque de système"-c'est à dire par effet de domino, d'effondrement général-, et il n'aura d'autres choix que d'intervenir massivement.
C'est bien là le plus insupportable des méfaits de la finance, toujours encouragée à aller trop loin, c'est à dire au-delà du seuil où les autorités ne peuvent plus se désintéresser de ses infortunes et doivent plonger pour lui sauver la mise-la parfaite prise d'otages."

Quand la finance prend le monde en otage, par Frédéric Lordon, in Le Monde Diplomatique, Septembre 2007.

24 septembre 2008

Subpigeonades


Dégotez un pigeon sans un, et tapez lui du flouze. Promettez au perdreau qu'il retrouvera sa mise avant de rembourser sa première traite. Recommencez avec quelques autres...Puis filez claquer le pactole au casino, jouez à tout un tas de jeux différents, brouillez les cartes, mélangez le tout, et quand vous êtes raides faites un chrome chez le croupier. S'il rechigne, dites lui qu'une armée de caves vous bouffe à la pogne. C'est bon vous pouvez continuer à jouer. Allez-y plein tube, c'est ce soir la chance...soudain à la table du chemin de fer, vous croisez un des mecs que vous avez carambouillé...il veut son oseille. Il est pas seul...Ils sont tous là! Le croupier a flairé le manège et appelle la direction du Casino. Vous êtes cuit! Alors vous beuglez à qui veut bien l'entendre que les jeux sont truqués! Vous lâchez tout! On vous écoute! Vous trissez au milieu de la pagaille. Le casino ferme pour quelques jours. Il réouvrira et les pigeons reviennent toujours où il y a à grailler.

20 septembre 2008

Fil d'Ariane


Suivre un fil...courir...rebondir...y croire...s'exalter...
Tomber...souffrir...se perdre...reprendre ses esprits...oublier...
Et retrouver un fil...le suivre...et recommencer.

18 septembre 2008

Trignac...gnac...gnac...


Bon, pendant qu'on Edwige à tout va sur fond d'ouragans financiers sans doute dû aux changements climatiques, courte série à Trignac. Squelette fantomatique d'une aciérie massive dont les ossements en béton armé n'en finissent plus de moisir. Un enchevêtrement de poutres, des creux vertigineux, rappellent au visiteur que les plus impressionnantes structures sont aussi des lieux de vide...Paradoxalement ces labyrinthes terrains de jeux du vent, sont souvent les plus difficiles à détruire.

13 septembre 2008

Le spirituel en vitrine


"L'un des plus puissants instruments du nouveau pouvoir est la télévision. Jusqu'à présent, l'Église ne l'a pas compris; au contraire, elle a, c'est pénible à dire, cru que la télévision était un instrument de pouvoir à elle; et, en effet, c'est indubitable, la censure de la télévision a été une censure vaticane. Non seulement cela, mais encore la télévision faisait une réclame permanente pour l'Église. Mais justement elle faisait là un type de réclame complètement différent de celui de la réclame au moyen de laquelle, d'une part, elle lançait des produits et, d'autres part et surtout, elle élaborait le nouveau modèle humain du consommateur.
La réclame faite à l'Église était désuète, inefficace, purement verbale, et trop explicite, lourdement trop explicite; un vrai désastre à côté de la réclame non verbale et merveilleusement facile faite aux produits et à l'idéologie de la consommation, avec son hédonisme parfaitement irréligieux (...)
Et l'Église devrait continuer d'accepter une telle télévision, un tel instrument de la culture de masse appartenant à ce nouveau pouvoir qui "ne sait plus quoi faire de l'Église"? Ne faudrait-il pas, au contraire, l'attaquer violemment, avec une fureur paulienne, justement à cause de son authentique irréligiosité, que régit avec cynisme un cléricalisme sans contenu réel?
Naturellement, plutôt que tout cela, c'est un grand exploit télévisé qui s'annonce pour l'ouverture de l'Année sainte. Eh bien, qu'il soit clair pour les personnes à l'esprit religieux que ces manifestations ne seront que de grandes et insignifiantes manifestations folkloriques, désormais politiquement inutiles même à la droite la plus traditionnelle."

Le petit discours historique de Castelgandolfo, 22 septembre 1974, in Ecrits corsaires de Pier Paolo Pasolini

4 septembre 2008

Le miroir qui begaie


"Le cœur de la cible, ce sont les musulmans. On retrouve ici la même rhétorique que dans les paragraphes consacrés aux "clandestins". Le but est toujours de définir l'identité nationale en dénonçant son contraire, dans la logique classique du "eux" et "nous". Là aussi, il n'est pas abusif de qualifier ces propos de "xénophobes" au sens ou l'Islam n'est évoqué que par des traits négatifs confortant ainsi les stéréotypes martelés par les médias depuis un quart de siècle.
Il faut toutefois préciser qu'à la différence du Front national ,Nicolas Sarkozy ne désigne jamais nommément le groupe qu'il montre du doigt. Néanmoins, il utilise la même technique de communication que Jean Marie Le Pen. (...) celui-ci a inventé une rhétorique adaptée à l'âge de la démocratie télévisée, procédant par allusions, en laissant le soin aux commentateurs et aux électeurs de compléter le raisonnement."

Gérard Noiriel "A quoi sert l'identité nationale?" P96.

"Il ne faut jamais s'attaquer à ceux qu'on n'est pas sûr d'achever".

Maurice Barrès, extrait D'un leurs figures.


31 août 2008

Décollé du toit


Un matin, où comme par accident j'ouvre un œil de trop. Dans un hôtel immense et désert...resté bloqué dans les années 70...un beau vioque vous tend d'une patte tremblante une clef biscornue, qui ouvre la lourde de la piaule 47, 6 ou 5 peu importe...Depuis la lucarne je braque un œil électronique sur une lumière douce et pesante...et m'imagine, vaseux et ensommeillé, pour quelques secondes, aussi léger qu'un piaf. Des matins on en rate un paquet, sacrifiés et écrasés par tout les autres où on aurait dû rester fondu au fond du paddock. Tiens...ça sent la rentrée.

27 août 2008

La pieuvre tisse sa toile


Quand la réalité devient fiction et l'inverse...Les caïds en culottes courtes singent Tony Montana et les boss dont le personnage était inspiré reprennent ses mimiques jusqu'à construire la réplique de sa villa. Là où la terre ne respire plus par les cavités, ni celles-là mêmes creusées par les vers...Là où chaque souffle attend le suivant pour s'apercevoir qu'il est encore vivant...Planète Gomorra. En attendant que la toile se referme sur sa proie.

10 août 2008

Batignolympique


Batignolles, pour un peu un village olympique, s'en est fallu d'un poil de moustache anglaise. Certains s'étranglent encore...Vous imaginez le renvoi d'ascenseur? Les banderoles pour défendre Genestar, Siné...ouarf! Et les centres de rétention ignifugés, les grand-pères chinois en tête de cortège...
Bon, divagations à part et aux dernières nouvelles, à la place des vestiaires il devrait pousser des jardins et du logement. Surprenant non? Une petite reconversion alternative à la pelleteuse serait bienvenue pour la halle du tri postal. J'dis ça, j'dis rien.

7 août 2008

Brasilia sur Seine


Béton, palmiers, nappe ardente qui s'abat sur le sol et irradie tout ce qui bouge...Au loin un clapotis de flots et pas une once de vent...quelques gamins aux voix éraillées par la mue s'envoient des insultes au pied des tours et lancent des regards menaçants aux intrus...Costa Brava? Non, juste un recoin de Pantruche, qui par erreur sans doute ou utopie malfaisante, s'est retrouvé du bon côté du périf', à la faveur de la disparition d'une usine à gaz...Depuis, on nous dit qu'il faut "résidentialiser les tours"...alors il y pousse des palmiers.

5 juillet 2008

Des épis pour la croûte


De l'ombre à la lumière, de la chrysalide au coléoptère, on butine dans tous les coins...Laissez-nous en jachère, juste le temps de dire ouf!... Avant de s'faire bouffer par les vers, il nous reste pas lourd quand on y regarde bien...Alors quoi, deux secondes, juste se faire caresser la couenne par le duvet de la croûte qui supporte le bipède...encore un peu, mais pour combien encore?...en se serrant il y en aura pour tout le monde...Le reste...bavardages.

28 juin 2008

Tourisme de nuit


Le tourism(t)e c'est moche quand on y pense, et pire depuis qu'il s'est fait masse. C'est en short, ça montre ses pieds, ça mitraille de pixels sans vergogne, ça bouffe n'importe quoi n'importe quand, ça exige encore! Que c'est pass'qui y a dans le guide! C'est tellement habitué à en suivre aussi...C'est mimétique, ça s'refile des tuyaux, le bouche à oreille à portée de clics...du coup en hordes ça dévale...Pire, ça veut de l'authentique, de l'original tiens de l'alternatif aussi!...Alors on lui en donne, qu'il en baffre, il a de quoi raquer. Alors on le saigne et il gueule. Pfou...besoin de vacances, moi.

18 juin 2008

U4 A la croisée des tuyaux


Dernier bout de tuyau de cet endroit malégnifique. Une des plus belles ballades de ces parcours frichesques. Les transitions sont toujours difficiles... Alors pause! En attendant de retrouver le fil d'une prochaine série à dérouler. Mais, patience, car pendant les affaires, les affaires contiguës...

U4 Seul dans la foule


"Attendu cependant que, si la grève est la cessation collective et concertée du travail par des salariés en vue d'appuyer des revendications professionnelles et ne peut, en principe, être le fait d'un salarié agissant isolément, dans les entreprises ne comportant qu'un salarié, celui-ci, qui est le seul à même de présenter et de défendre ses revendications professionnelles, peut exercer ce droit constitutionnellement reconnu"
Bon...on cause, on fait sa petite légistique du soir...Allez savoir, si ce serait pas plutôt de la paélontologie normative tout ce bazar là...Alors quoi! On pourrait même pas avoir raison d'avoir tort jusqu'au bout et tout seul! T'nez prenez les Irlandais, par exemple. Ils sont quelques tout de même. Ben, nan! On va pas chômer pour leur expliquer qu'ils se plantent tous autant qu'ils sont...Pas 4 million
s (prononcez à la Krazuk) contre un demi milliard et ça vous tiendrait en respect! Faudrait pas déconner! Allez hop! Recommencez moi ça, juste pour se tordre un brin.

11 juin 2008

U4 Balcon vue sur cour



L'autre jour, alors qu'on bullait face à une vitrine d'agence immobilière, à regarder les crèches qu'on pourrait pas banquer, un type monte à l'abordage. Vlà qu'il déblatère, suis dans le métier, marchand de biens...mais pas toujours fait ça...'ttention...ancien militaire...Mon taf, dévitaliser les piaules à grand coup de masse, et foutre à la rue les mauvais payeurs...Quoi, si je r'fourgue? Affirmatif, et pas qu'un peu, et par appartement encore...Le gars s'avise que j'tique un chouïa, il change de braquet, et me fait le couplet sur la loi qui protège ces salauds de locataires...que s'en est dingue...plus il justifiait, plus la pitié transparaissait dans mon regard, pour ce type, qui dans le fond, je m'en suis convaincu, n'aimait pas ce qu'il faisait. Je le poussais un peu et il me parlait de ses gosses. Il s'est trissé comme un péteux, sans dire au revoir. Tant mieux, j'y comptais pas trop.

6 juin 2008

A la verticale des bourgeons


Le temps de changer la bobine de U4...léger détour par chez Riton, dont le bureau surplombe, depuis les cimes de verre en béton, les bourgeons.
Ha!..Silence ça pousse chez Riton, faut dire que c'est le genre de mec qui arrose sec!...Tu commences par la flotte, pi t'enchaînes sur les huiles, pour finir dans les paillettes...Mais parole tu sais rester simple, poli et tout, le genre réservé quasi...Et pourtant tu t'imposes un peu...Que c'est pas des manières non plus! Il s'incruste! Alors comme ça on peut plus ouvrir le robinet ou descendre les poubelles tout en allumant le chauffage avant de prendre le tram, sans que tu nous colles au noix. Allons, Riton, c'est pas des façons.

25 mai 2008

U4 Juridisme depuis les coursives


Coursives, escaliers, chambranles, entrailles, fouillis, embrouilles...ainsi souvent la langue juridique en la matière excelle et fourche autour de la simplicité. Parce que le monde est à cette image sans doute, et quand on assigne aux mots la tâche de trancher, les lettres deviennent des lames. Voilà donc la langue du Juge Européen:

"...les actions collectives visant à assurer la mise en œuvre de la politique menée par ITF, il y a lieu de souligner que, pour autant que cette politique aboutit à empêcher les armateurs d’immatriculer leurs navires dans un État autre que celui dont les propriétaires effectifs de ces navires sont les ressortissants, les restrictions à la liberté d’établissement qui découlent de telles actions ne sauraient être objectivement justifiées..." (CJCE C 485 05 Viking Line /c Seamen's Union et ITF).

Où l'on apprend que la liberté du lieu d'implantation d'une boîte est supérieur aux droits du collaborateur (on dit plus "salarié" c'est trop louche) et qu'au passage s'il prenait aux gueux de revendiquer l'inverse cela ne serait pas objectivement, justifié... Liberté ici et frein par là...Voyez un peu...faut avoir le sens des convenances et de l'objectif...pas perdre de vue l'ordre des choses non plus...Pour le reste prenez un ticket et faites la queue, et n'oubliez pas d'être bien européen juste au cas où on vous le demanderait...

13 mai 2008

U4 Plomberie polonaise


"On est parti dans la vie avec les conseils des parents. Ils n'ont pas tenu devant l'existence. On est tombé dans les salades qu'étaient plus affreuses l'une que l'autre. On est sorti comme on a pu de ces conflagrations funestes, plutôt de traviole, tout crabe baveux, à reculons, pattes en moins. On s'est bien marré quelques fois, faut être juste, même avec la merde, mais toujours en proie d'inquiétudes que les vacheries recommenceraient... Et toujours elles ont recommencé... Rappelons-nous! On parle souvent des illusions qu'elles perdent la jeunesses. On l'a perdue sans illusions la jeunesse!...Encore des histoires!..."

Guignol's band,Louis-Ferdinand Céline 1951.

8 mai 2008

U4 Revolving doors


L'ascension vers les sommet est un parcours tortueux et sinueux...Quelle sera la bonne passerelle? Le bon escalier?
Michael, dans le genre est pas mauvais. Derrière sa bonne trogne, du genre à s'user le futal sur les bancs de messe, histoire de se remettre le compteur de péchés à zéro, avant de reprendre le bizness. Gratte papier pour la Food&Drug Administration (FDA), Michael commence slowly, puis baveux pour King&Spalding il a l'occasion de se déployer l'organe pour défendre Monsanto. Ses talents enfin reconnus en 1991, alors qu'il est bombardé n°2 de la FDA. Quelques réglementations sur les hormones de croissance bovine et les OGM plus tard, Mike pantoufle au ministère de l'agriculture ricain, avant de définitivement taper dans la grosse galette à l'aube de l'an 2000...où il se fait propulser vice président de Monsanto...pour services rendus. Well Done Micky!

30 avril 2008

U4 De la tôle


"Tu t'excites. Piqûre. (...)
La première te fait gueuler, t'envoie au mitard. Dans la seconde, tu te trimballes, insensible. Quand on te libère, tu vas piquer à Orly. Pourtant, là, tu te fais pincer à tous les coups. C'est mathématique, suicidaire. C'est ton inconscient, qui le cherche. Il veut rentrer là dedans. Là où tu perds tes règles, où tu grossis, où tu t'atrophies des sens. Mais où tu es au chaud, quadrillée, infantilisée, où on te file à bouffer. Dehors, il y a la vie. La tienne, elle est dégueulasse. Décider, exister, on ne te l'a jamais enseigné. Tu ne sais pas. Tu ne peux pas. C'est justement pour ça que tu t'es retrouvée en taule. Et pour ça que tu y reviens."

Charlie Hebdo 20 janvier 1977, Sylvie Caster.

26 avril 2008

U4 L'affaire est dans le SAC


"Un mec que la justice oblige aussi, c'est Jean Auboin. Jean Auboin est premier vice-président du tribunal de Paris. On lui doit seize coupures de son et la suppression d'une séquence dans "Le juge Fayard, dit le shériff", le dernier film d'Yves Boisset. Seize coupures du mot "SAC" lâché par ou contre des truands qui se vantent d'en faire partie et la suppression d'une séquence où une petite frappe sort une carte du SAC à de fins d'intimidation. Ceci pour éviter au SAC un préjudice considérable. C'est raté. Pas parce qu'Yves Boisset a remplacé le mot "SAC" par un signal sonore et que la salle se fend la gueule à chaque fois qu'il retentit. Parce que le SAC s'est taillé tout seul une réputation d'organisation de malfrats au service du pouvoir et protégée par le pouvoir. (...)
Si demain, la mafia demande que le mot "mafia" soit sucré de la bande sonore d'un film qui la présente nommément comme une association internationale de grand banditisme, la mafia peut compter sur Jean Baudoin, premier vice-président du tribunal de Paris, pour obtenir satisfaction."

Charlie Hebdo 20 janvier 1977, Papier de Xéxès.

10 avril 2008

U4 Du vert dans les tuyaux...


Grenelle et Pimprenelle sont sur un bateau farci aux OGM... Monsanto "Food, health, hope" et consorts à la barre pour un monde meilleur que les obscurantistes de tout poil veulent couler...Nan mais faut vous le dire comment qu'il y a pas mieux pour éradiquer la faim dans le monde, merde! A les écouter on se trimbalerait encore en Vélot. Faites un peu confiance au scientisme bon sang de bois! Moins de pesticides, plus de bouffe, tout le temps et par tout temps, à pas cher...Aller, fini tes gènes et file au lit!

U4 Made in Uckange


La flamme du grand bazar s'est éteinte, on a soufflé dessus...Bhâ, trop polluant pour chez nous, trop cher, trop moche dans l'horizon...C'était en 1991 qu'on a craché sur la bougie, mais de la ferraille on en bouffe encore, sauf qu'elle vient de plus loin, ptête bien que c'est encore un coup des chinois...N'empêche qu'en bons schyzos de l'ouest démocrates, on reluque pas trop les étiquettes quand il s'agit de remplir son caddie, hein? Bande de faux derches! On mollarde dans la soupe mais faudrait pas faire l'inventaire de nos ptits intérieurs, pass que là, côté "made in" y aurait plus qu'à la jouer profil bas! Déconnez pas avec vot' démocratie, vous y perdriez vot' pouvoir d'achat! Z'êtes bien tous pareils, du beurre et des jeux, et l'argent de la crémière...Patron! La même, sans glace....

3 avril 2008

U4 Les artères jugulèrent


"Alors, des hommes armés de lances d'arrosage aspergent de pétrole les tas d'oranges et ces hommes sont furieux d'avoir à commettre ce crime, et leur colère se tourne contre les gens qui sont venus pour ramasser les oranges.
Un million d'affamés ont besoin de fruits et on arrose de pétrole les montagnes dorées et l'odeur de pourriture envahit la contrée. Les gens s'en viennent armés d'épuisettes pour pêcher les pommes de terre dans la rivière, et les gardes les repoussent. Ils s'amènent dans de vieilles guimbardes pour tâcher de ramasser quelques oranges, mais on les a arrosées de pétrole. Alors, ils restent plantés là et regardent flotter les pommes de terre au fil du courant.
Ils écoutent les hurlements des porcs qu'on saigne dans un fossé et qu'on recouvre de chaux vive, regardent les montagnes d'orange peu à peu se transformer en bouillie fétide, et la consternation se lit dans les regards et la colère commence à luire dans les yeux de ceux qui ont faim. Dans l'âme des gens, des raisins de la colère se gonflent et mûrissent, annonçant les vendanges prochaines."

J. Steinbeck, Les raisins de la colère (1939).

14 mars 2008

U4 Métamorphose verte


"Pourquoi ne pas l'avoir lu, ce livre, puisque vous l'aviez acheté, qui vous aurait peut-être protégé contre tout cela? (...)
Et pourtant, dans ce livre, quel qu'il soit, puisque vous ne l'avez pas ouvert, puisque même maintenant vous n'avez pas la curiosité d'en regarder ni le titre ni l'auteur, dans ce livre qui n'a pas été capable de vous distraire de vous même, de protéger votre décision contre l'érosion de vos souvenirs, cette apparence de décision contre tout ce qui la minait, ce qui la niait, vos illusions, (...)
dans ce livre que vous aviez acheté pour qu'il vous distraie et que vous n'avez pas lu justement parce que pendant ce voyage-ci vous désiriez pour une fois être vous-même en totalité dans votre acte, et que, s'il avait pu vous intéresser suffisamment dans ces circonstances, ç'aurait été qu'il se serait trouvé dans une conformité telle avec votre situation qu'il vous aurait exposé à vous-même votre problème et que par conséquent, bien loin de vous distraire, bien loin de vous protéger contre cette désintégration de votre projet, de vos beaux espoirs, il n'aurait pu que précipiter les choses,
dans lequel il doit bien se trouver quelque part, si peu que ce soit, si faux que ce soit, si mal dit, un homme en difficulté qui voudrait se sauver, qui fait un trajet et qui s'aperçoit que le chemin qu'il a pris ne mène pas là où il croyait, comme s'il était perdu dans un désert, ou une brousse, ou une forêt se refermant en quelque sorte derrière lui sans qu'il arrive même à retrouver quel est le chemin qui l'a conduit là, car les branches et les lianes masquent les traces de son passage, les herbes se sont redressées et le vent sur le sable a effacé les marques de ses pas."

La Modification, Michel Butor, 1957.

6 mars 2008

U4...aux rayons X


Hé dis...c'est quoi la machine? La chose qui te suce la vie, et t'en donne juste assez pour te la laisser et y revenir...Parce que tu reviens bougre de travaillant, c'est un peu comme ta deuxième famille hein? Il y fait chaud! tu t'y sens pas si mal! en groupe!...en grappes!...entre enflés!...entre frères! On se soutient...comme ça, tu es fort...tu participes au mouvement...le mouvement...tout le temps...on sait pas ce qui se passe quand ça s'arrête...ça fait peur...Alors on continue?

27 février 2008

U4 Poussière d'Uckange


"Les rafles se succèdent au cœur de Paris: la dernière portait le joli nom de "salubrité".

A Saint-Denis, soixante clandestins turcs dénoncés par leurs voisins. A Douai, dix basanés menottés de manière musclée en pleine audience. Les tribunaux en vertu d'une loi de 1983, ont acquis le droit de reconduire les indésirés à la frontière séance tenante..."

"(...) photos sépia "l'image de la guerre"-celle de 14-18 s'entend. Quelques légendes (...) : "Les Spahis gardent leurs coutume: chaque jour le metchoui les réunit." (...) "Les Sénégalais et les Soudanais arrivés en France...sont habillés à la française avec la capote du fantassin et la bourguignotte des tranchées!"

Extrait de "ça n'arrive qu'aux autres" de Bernard Thomas, chronique du Canard Enchaîné du 21.9.1983.

19 février 2008

U4 Steel here


Il est des cathédrales qu'on bichonne et qu'on gratouille au coton tige, qu'on enveloppe et qu'on cageole... Et pi d'autres qui sont autant de verrues au yeux de l'engeance bien pensante, qu'on aimerait oublier, foutre par terre, ensevelir avec les mémoires des bougres qui y ont laissé la chair, la santé, le souffle...Place nette, on y ferait un centre commercial, y aurait un drive-in, un multiplex, pi tiens un parc de loisir...Gogoland c'est bon pour les élections, et fait gicler les pépettes! Sans compter que l'ancien proprio est pas chaud pour raquer le ménage, déjà qu'il a fallu se fendre pour le plan...comment déjà...ha ouais, social!
Ben crac! Niet! A l'inventaire, protégé et tout, à coup d'arrêtés, de machins administratifs, tampons et le reste...pouah...pas vraiment modernes...hé, y parait même que la tour Eiffel ne fait pas que des adeptes?

13 février 2008

U4 Purgatoire des folies


"Cent cinquante-six internements abusifs recensés dans le seul hôpital psychiatriques de Tours de 1971 à 1973, qui dit mieux? (...)

"J'ai été admis sans aucun papier officiel", commente aujourd'hui l'ex-fou toujours aussi furieux, "ce fut ma seule chance, sinon j'y serai peut-être encore". (...)

Si vous n'avez pas compris où le gardien psy de la paix sociale veut en venir, voici quelques lignes d'une étude datée de 1913, signée par l'éminent docteur Dide, inventeur des "idéalistes passionnés" : "Les idéalistes de la beauté originale aboutissent souvent à l'anarchie, les idéalistes de la bonté arrivent au sadisme, les idéalistes de la justice, s'ils sont altruistes, fournissent les réformateurs politiques, les régicides, et constituent, au moment des grands mouvements populaires, de véritables calamités sociales." Ils veulent déranger le monde? Donc ils sont dérangés."

Extrait de "ça n'arrive qu'aux autres" de Bernard Thomas, chroniques du Canard Enchaîné du 17.3.1982.

8 février 2008

U4 La vallée des Anges


Bling bling 45 minutes d'arrêt...pour autant de blabla ronflant...c'est le temps consacré par l'hyper pour évoquer Grandange, l'usine d'Arcelor rachetée par l'indien dans la ville, et une énième fermeture à la clef. Et vite on passe à autre chose, on remballe les projos et on file...

Et de s'engager à faire "tout son possible", sans ricaner, avec tes caisses vides, tes poules de luxes et tout ton fatras qui scintille le toc...
Mais qui pense-t-il bouffonner?

800 types sur le carreau Wendel...longue série de privatisation des profits pour autant de socialisation des pertes...vieille habitude du comité des forges...

Uckange, Grandange, la vallée des anges...passe. Dédicace pour eux.

2 février 2008

U4 Machine à remonter le temps


"Un recensement effectué en 1886 comptait 1 126 000 immigrés en France, sans parler des saisonniers. Nos compatriotes, en ces temps reculés, étaient racistes. Des ratonnades avaient lieu parfois, à Marseille par exemple. Contre les Italiens, accusés d'être des pouilleux, de violenter les femmes, de voler leur travail aux bons français. L'une à Aigues-Mortes, en 1881, fit trente morts. Une autre fois en 1911 à Paris, toutes les boutiques d'alimentation ritales et juives, donc tenues par des affameurs étrangers, furent pillées. Heureusement, à force de réciter en choeur "Nos ancêtres les Gaulois", tout finit par s'arranger. (...)"

"Pour tenir à leur place ces êtres que les loubards de banlieue nomment en verlan rebeux, les autorités ont créé des ghettos à leur semblance, où il paraissent prospérer, la cité des Flamands à Marseille, Picon ou la Busserine, talus dégoulinants de boue, vagues terrains de rebut où rient des gosses hâves parmi les baraques à lézardes: des lieux où peut s'épanouir la civilisation qu'ils aiment à base de crasse de misère et d'ignorance. Les gardiens de la paix entourent ces bas-fonds de rondes et de contrôles incessants. Afin que ces hères ne risquent pas d'envahir les logements pour vrais français, où ils élèveraient leurs chèvres dans les baignoires, les municipalités établissent des quotas. Pour que les gosses ne cèdent pas à la tentation de s'assimiler, les enseignants les maintiennent dans les classes poubelles. Question boulot, comme on a pris soin de ne leur laisser acquérir aucune spécialisation, ils n'en trouvent pas. Ce qui démontre à quel point ils sont fainéants. (...)"

"Il a eu deux potes tués, Moussa, à la cité des Flamands : Nouari, abattu par un CRS, au cours d'un "contrôle"; Zaïr, 17 ans, tué par un civil qui lui reprochait d'être trop bruyant. Le CRS a été remis en liberté. Le civil ne risque pas grand-chose. Moussa est ingrat. Il a le droit de vote. Encore faut-il y coire."

Extrait de "ça n'arrive qu'aux autres" de Bernard Thomas, chroniques du Canard Enchaîné du 22.4.1981.

28 janvier 2008

U4 Acide Acier


"Et la France? Eh, bien, c'est triste à dire, mais nous n'avons pas été, jusqu'à présent à la pointe du progrès. On s'est contenté d'appliquer les camisoles chimiques, qui déconnectent la tête du corps, voire la lobotomie (...) parmi d'autres douceurs, sur les sujets récalcitrants. Pour le reste on faisait confiance, à juste titre, sans doute, aux bâtons des agents.

Par chance, tout cela va changer. Une firme américaine, la Farall Instruments (Grand Island, Nebraska), se dispose en effet à commercialiser chez nous une série d'appareils du plus haut intérêts. Ils sont prévus, explique le prospectus, pour soigner toutes les perversions, de l'inceste à la toxicomanie, en passant par la boulimie ou l'exhibitionisme. Ou l'inappétence au travail, pourquoi pas? Le principe est simple: une gégène jumelée à une visionneuse. On vous passe une photo de ce qui vous excite et crac! Une décharge électrique. On comprend vite, à ce tarif là.

On peut même se procurer, pour 55 dollars, un appareil de poche innocemment baptisé "take me along" (...) qui permet à chacun de s'autopunir discrètement. Le self-sévice parfait."

Extrait de "ça n'arrive qu'aux autres" de Bernard Thomas, chroniques du Canard Enchaîné du 28.7.1976.

24 janvier 2008

U4 Rouge Rouille


"Obligation de réserve: une ancienne antienne resurgit. Gare au juge qui prétend y échapper. Silence: on tourne la loi. Tel est le fin mot de la justice à la Peyrefitte. Et pour cela, prends les râleurs et tords-leur le cou.
Trois magistrats du tribunal de Briey (...) gratifiés d'un avertissement pour avoir osé critiquer , au cours d'un meeting, le 14 octobre, le projet de loi Peyrefitte. (...)

Cinq élèves de l'Ecole nationale de la magistrature, à leur tour sanctionnés pour avoir eu le front d'écrire qu'ils n'approuvaient pas la mutation d'office dont avait été victime Jean-Pierre M. , hier magistrat à la chancellerie, coupable de syndicalisme. Partout des juges tancés, menacés, punis, rayés des tableaux d'avancement, reculés, recalés, punis, dessaisis de leurs dossiers, réduits à se tourner les pouces quand, dans les cabinets voisins, les bien-pensant croulent sous les affaires signalées-celles où l'on peut rendre de signalés services aux cousins, aux copains, aux coquins. (...)

Pendant ce temps, à grands placards publicitaires, Peyrefitte part à la pêche aux juges sur mesure, ex-officiers, ci-devant commissaires, avocats défroqués, des gens qu'il va tester, noter, étiqueter afin de s'assurer qu'ils lui obéiront sans réserve, ceux-là, en toute sécurité. En toute liberté. "(...)

Extrait de "ça n'arrive qu'aux autres" de Bernard Thomas, chroniques du Canard Enchaîné du 10.12.1980.

17 janvier 2008

U4 Réceptacle des ruines


"J'en ai rencontré un. Un des premiers, un des meilleurs. Avant de parler avec lui, avant d'observer son travail, je n'avais rien compris au circuit des déchets. Il s'appelait Franco (...)

Les stakeholders mettent en relation les entreprises avec les clans et gèrent, même de loin, chaque étape du processus d'écoulement des déchets. (...)

Quand il marchait, Franco ne regardait pas les paysages mais pensait à ce qu'il pourrait y enfouir. Comme si la surface du globe était un immense tapis et qu'il s'agissait de chercher près des montagnes, au bord des champs, un coin à soulever pour balayer en dessous tout ce qu'on peut. (...)

Tandis qu'un paysan labourait un champ qu'il venait d'acheter, à la limite entre les deux provinces, le moteur de son tracteur commença à tousser, comme si la terre était plus compacte que d'ordinaire. Soudain il vit apparaître des lambeaux de papier sur les côtés du soc. C'était de l'argent. Des milliers et des milliers de billets de banque, des centaines de milliers. Le paysan bondit de son tracteur et se mit à ramasser frénétiquement tous ces restes de billets, un butin caché là par quelque bandit, fruit de quelque gros braquage. Mais c'étaient simplement des billets déchirés et décolorés, triturés, qui provenaient de la banque d'Italie, des tonnes de ballots de billets utilisés qui n'avaient plus de cours légal. Les symboles de la Lire italienne s'étaient retrouvés sous terre, les restes de la vieille monnaie répandaient leur plomb dans un champ de choux-fleurs."

Gomorra, Roberto Saviano, 2006.

13 janvier 2008

U4 Panoptique opaque


"Le système a levé en banlieue, telle la pâte à pizza dans une boîte en bois. La municipalité et la région ont cru pouvoir s'opposer à lui en refusant de faire des affaires avec les clans. Mais ça n'a pas suffi. Elles n'ont pas assez prêté attention au phénomène et ont sous estimé le pouvoir des familles, jugeant que c'était l'effet de la dégradation des banlieues, et la Campanie est ainsi la région qui compte le plus de communes mises sous tutelle car infiltrées par la camorra. (...)

Les entreprises appartenant aux clans ont déterminé les plans d'occupation des sols, se sont infiltrés dans les agences sanitaires locales, ont acquis des terrains juste avant qu'ils ne deviennent constructibles, puis fait bâtir des centres commerciaux par des sous-traitants, imposant qu'on respecte les fêtes patronales et qu'on recoure à leurs entreprises de services de cantines scolaires, au nettoyage urbain, des transports au ramassage d'ordures. (...)

Jamais les affaires criminelles n'ont été aussi présentes dans la vie économique d'une région qu'en Campanie au cours des dix dernières années. Contrairement aux groupes mafieux siciliens, les clans de la camorra n'ont pas besoin des hommes politiques, mais ces derniers ont absolument besoin du Système."

Gomorra, Roberto Saviano, 2006.

4 janvier 2008

U4 Voeux de méandres


"Tout le monde finit par être coincé à la retraite, y compris ceux qui sont encore en bonne forme physique. Tout le monde finit par être piégé, à la merci d'une garde malade polonaise. Pourquoi creuver de dépression, pourquoi chercher un travail qui permet tout juste de survivre, pourquoi trimer à mi-temps dans un centre d'appel? Plutôt devenir chef d'entreprise. Un vrai. Capable de faire des affaires avec tout et de gagner de l'argent même avec rien. Ernst Jünger disait que la grandeur est exposée à la tempête: des mots que les parrains, les entrepreneurs de la camorra, pourraient faire leurs. Etre au coeur de l'action, au centre du pouvoir. Tout utiliser comme un simple moyen et n'avoir que soi pour fin."

Gomorra, Roberto Saviano, 2006.

22 décembre 2007

U4 La guirlande de ferraille

15 décembre 2007

U4 Golem de fer

U4 Patrimoine historique


26 novembre 2007

U4 Berceau de la fonte


Pour un peu d'histoire durant la visite, c'est par .

25 novembre 2007

U4 Monstre d'acier


"C’est, sous un certain angle, un immense fantôme. Sous un autre un Moloch, ce dieu des Cananéens que l’on honorait en immolant des enfants que l’on jetait aux flammes. C’est, sous un autre angle, l’apparition de trois géants de charpentes et de tuyaux en haut desquels veillent des sentinelles sur des nacelles dorées, c’est parfois les entrailles de l’étoile de la mort dans la Guerre des étoiles. Tantôt deux énormes tuyaux se coupent dans l’espace comme dans une peinture abstraite et minimaliste à une échelle inconnue. Jeudi soir à Uckange, en Lorraine, le haut-fourneau U4, mis en lumière par le plasticien Claude Lévêque, était un revenant."

Extrait d'un fantôme lorrain, article de Maurice Ulrich, l'Humanité du 22 septembre 2007.

19 novembre 2007

U4 La cathédrale du feu.


"Quand le soir tombe sur cette vallée de la Moselle, la silhouette du haut-fourneau U4, à Uckange, se découpe sur le ciel d'une façon assez inquiétante. Ces carcasses métalliques hérissées de tubulures, de cheminées, de passerelles, d'escaliers et de conduites en tous genres, peuvent facilement évoquer un décor pour film noir, voire une fiction fantastique."

Patrimoine industriel, 50 sites en France, éditions du patrimoine 2000.

28 octobre 2007

Bazar en scène


"Que dire de la politique et des grandes affaires internationales? La crise de Berlin, la crise de Cuba, les avions-espions, les navires-espions, le Vietnam, la Corée, les bombes H perdues, les émeutes dans les villes américaines, la famine en Inde, les purges en Chine rouge? Y a-t-il des bons et des mauvais? Des qui mentent et des qui ne mentent pas? Des bons et des mauvais gouvernements? Non, il n'y a rien que des mauvais et des très mauvais gouvernements. Et le grand éclair bleu de chaleur qui nous déchirera une nuit où nous serons en train de baiser, de chier, de lire des bédés ou de coller des images dans un album de chocolat? La mort subite ne date pas d'hier, la mort subite de masse non plus. Nous avons juste affiné le procédé. Des siècles de savoir, de culture et d'expériences, des librairies bien grasses et croulant sous les bouquins; des tableaux qui se vendent des millions; la médecine qui transplante le coeur; impossible de reconnaître un fou d'un homme normal dans les rues, et voilà nos vies entre les pattes d'une bande de crétins. Les bombes ne tomberons peut-être pas; les bombes tomberons peut-être. P'têt ben qu'oui, p'têt ben que non....
Maintenant oubliez-moi, chers lecteurs, je retourne aux putes, aux bourrins et au scotch, pendant qu'il est encore temps. Si j'y risque autant ma peau, il me paraît moins grave de causer sa propre mort que celle des autres, qu'on nous sert enrobée de baratin sur la Liberté, la Démocratie et l'Humanité, et tout un tas de merdes."

Erections, ejaculations, exhibitions and general tales of ordinary madness, Charles Bukowski, 1967.

12 octobre 2007

Left wing down


"Tous les partis de gauche dans les pays industrialisés reposent fondamentalement sur une hypocrisie, car ils affichent de combattre quelque chose dont, en profondeur, ils ne souhaitent pas la destruction. Ils ont des objectifs internationalistes, et en même temps, ils sont bien décidés à maintenir un niveau de vie qui est incompatible avec ces objectifs. Nous vivons tous de l'exploitation des coolies asiatiques, et ceux d'entre nous qui sont "éclairés" soutiennent que ces coolies devraient être libérés; mais notre niveau de vie et donc aussi notre capacité de développement des opinions "éclairées" exigent que le pillage continue.(...) Il serait difficile de river le clou au pacifisme niais des Anglais en moins de mots que dans la phrase: "Vous vous moquez des uniformes qui veillent sur votre sommeil."

The Collected Essays, journalism and letters of George Orwell, London, 1968 cité dans Orwell ou l'horreur de la politique, Simon Leys, 2006 réédition.

21 septembre 2007

Lingua Tertii Imperii


"De 1933 à 1945, Victor Klemperer, professeur juif chassé de l'université de Dresde, tient un journal où il décrit la naissance et le développement d'une langue nouvelle, celle de l'Allemagne national-socialiste. (...)"
"L'effet le plus puissant [de la propagande nazie], ne fut pas produit par des discours isolés, ni par des articles ou des tracts, ni par des affiches ou des drapeaux, il ne fut obtenu par rien de ce qu'on était forcé d'enregistrer par la pensée et la perception. Le nazisme s'insinua dans la chair et le sang du grand nombre à travers des expressions isolées, des tournures, des formes syntaxiques qui s'imposaient à des millions d'exemplaires et qui furent adoptées de façon mécanique et inconsciente."
"(...) le IIIème Reich n'a forgé que très peu de mots, mais il changé la valeur des mots et leur fréquence [...], assujetti la langue à son terrible système, gagné avec la langue son moyen de propagande le plus puissant, le plus public et le plus secret."

La propagande du quotidient Lingua Quintae Respublicae (LQR), Eric Hazan, 2006.