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12 avril 2020

Votre est compte est bon !


"En 1850, dans Les luttes de classes en France, Karl Marx commentait ainsi l'accession au trône de Louis-Philippe, vingt ans auparavant : "Après la révolution de Juillet, lorsque le banquier libéral Lafitte conduisit en triomphe son compère le duc d'Orléans à l'hôtel de ville, il laissa s'échapper ces mots : "Maintenant, le règne des banquiers va commencer." Lafitte venait de trahir le secret de la révolution". Ironiquement, en 2017, la banque d'affaires, expression pure du capital, sera représentée par elle-même."

Jérôme Sainte Marie, Bloc contre bloc, Paris, Le cerf , nov. 2019.

23 décembre 2018

Pour une médaille, pour rien...


"Comme ce métier était plus dur qu'un métier de marchand, de bureaucrate...Il mettait en jeu la vie et la mort. Pourquoi les hommes meurent-ils donc? Antoine était assez fier de sa profession, de son habileté, de son honneur professionnel. Mais ces ouvriers qui mouraient? Il faut mourir au moins pour des fins qui en valent la peine, mais mourir parce que la voie n'était pas en bon état, parce qu'une éclisse avait sauté, mourir pour les actionnaires, pour ces hommes inconnus qui ne connaissent des lignes que des gares, des coupons, des wagons de première, des trains de luxe, pour des barons de Rothschild, pour de petits rentiers porteurs d'obligations, pour des combinaisons de négociants, de financiers? Il y avait une machine qui évaluait les vies à un certain tarif: et les actionnaires jugeaient que tout était bien et les obligataires trouvaient sans doute que c'était cher...
Quand on mourrait pas, on recevait, avant la retraite, une médaille de bronze, d'argent, une médaille frappée d'une locomotive, au bout d'un ruban tricolore, comme une médaille de sauvetage, on recevait une lettre: "En échange de vos bons et loyaux services..."
Mourir, vivre, pour une médaille, pour rien..."

Paul Nizan, Antoine Bloyé, Paris, Grasset, les cahiers rouges, page 142.

5 juin 2017

Révolution!


"C'est un mot piège.
C'est le nom que s'est donné la grande crise de la fin du dix-huitième siècle. Mais est-ce la crise que nous voulons ou bien ses résultats? La révolution a fait passer la France du gouvernement d'un roi débonnaire à la tyrannie d'un empereur guerrier."

L'art de trahir, Casamayor, Gallimard, Paris, 1972.


20 mai 2017

Il est l'or


"L'or? Pourquoi a-t-il tant de valeur, ou plutôt pourquoi lui en a-t-on tant donné? Car c'est un don que la croyance humaine a fait à ce métal moins utile que le fer, le bronze, l'aluminium ou le titane. C'est aussi un don que la croyance a fait à ce symbole, moins fécond que celui du travail, du progrès, de la connaissance, de l'amour. La rareté relative n'est pas la mesure du prix. C'est le pain qui est précieux à l'affamé, c'est l'eau qui est précieuse à celui qui meurt de soif, la ligature à celui qui perd son sang, la poignée de main à l'intouchable. Ils n'ont que faire de l'or."

L'art de trahir, Casamayor, Gallimard, Paris, 1972.

6 mai 2017

Le grand sur place


« Se vogliamo che tutto rimanga come è, bisogna che tutto cambi » susurrait Trancredi à son oncle, dans le Guépard. 

On imagine bien d'ailleurs la scène se tenir rue de Solférino,  entre le neveu politique, codicille du locataire du château, et ce dernier. Il fallait toutefois, pour que le plan soit complet, trouver un pantin, un leurre qui fasse office de papier attrape-mouche, destiné à entraver toute alternative véritable. Le gentil gendre idéal fût donc trouvé pour faire son petit numéro de caniche et vite disparaître à la niche. La recette sera complète, si, avec un peu de bol, on se retrouvait avec le repoussoir de service en finale. Bingo! Et bravo, car la carambouille est magistrale.

Quant à l'héritière parachutée, par-delà le concert de couineries des bien pensants, appelés avec régularité à ressortir leurs litanies, sitôt rangées dès qu'il s'agit de produire le carburant de son ascension,  il est évident qu'elle assume son statut de seul répulsif. Rien n'indique chez elle une quelconque sérieuse volonté de prendre les manettes,  houspiller le système pour mieux le conforter, voilà tout. Tout juste parvient-elle à mettre sous le tapis les gudars et assimilés, qui n'attendent eux, que le moment venu pour déclencher leur nuit des longs canifs...

Nous voici exactement rendus à ce point de "sur place". La sentence est pré-rédigée : 5  ans de sursis avec mise à l'épreuve.

8 avril 2017

Des magasins généraux à la réclame


Voilà. Les promoteurs et leur clique ont tout lifté sur les bords du canal de l'Ourcq. Enfin presque. Rassurons-nous. Mais pour ce qui est des magasins généraux de Pantin, ils ont été méchamment botoxés. D'ailleurs j'ai observé qu'on ne disait plus "magasins généraux" mais BETC, du nom de la boîte de pubeux qui a mis la main sur le paquebot. Le lifting s'étendrait donc jusqu'au nom du bazar. C'est le moment opportun pour sortir des archives les clichés des lieux que j'ai fait ces 10 dernières années. Allons-y, ça nous fera une petite série à nous mettre sous la dent.