22 septembre 2009

Dungeon Keeper


"Il faut vraiment s’accrocher aux maximes les plus éculées, et notamment à l’idée qu’« il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre », pour persister à formuler des propositions dans un pareil climat de verrouillage d’un ordre de domination, dont en fait on ne devrait pas s’étonner que la probabilité d’une auto-transformation significative à froid soit simplement rigoureusement nulle, et dont on finit par se dire qu’il n’est plus qu’un événement politique de l’ordre du soulèvement pour le faire changer vraiment." F. Lordon, on La pompe à Phynance, post: Si le G20 voulait...

Les affres du prof' sont au rang des types qui rédigent de belles constitutions ou de beaux traités de droits sociaux. Entre le colloque et le droit positif il y a en général une fosse commune. C'est précisément là où le bas de laine s'effiloche. Quand bien même serions nous des cohortes à s'esbaudir sur les brillantes propositions réformistes dont s'agit, encore faudrait-il aller les arracher au prix de quelques bleus et bosses. Et pour en arriver là, il faut s'être offert une sacrée descente, de celle par exemple d'un vrai séisme systémique à avaler votre PEL, compte-chèque et tout le toutim. Fallait-il vraiment sauver le fatras pour souhaiter le changer? Réponse à la prochaine secousse...

19 septembre 2009

Rentrée au hasard


Pour cette rentrée tardive sur Fricherie_s, je ne vous fourguerai rien d'original. Dire du classique serait déjà bien sous estimer l'affaire...Non, nous sommes dans le poncif, dans la tarte à la crème de l'exploration industrielle. Cheratte et son complexe minier, à quelques encablures de Liège, a fait l'objet de multiples visites dont certaines très documentées. Ceci n'empêche que les lieux sont toujours désespérement en décripitude. Alors pourquoi diable en remettre une louche? Bé, parce que le site est superbe pardi, et qu'un oeil averti en vaut bien d'autres. En vous souhaitant une chouette ballade...

25 juillet 2009

Canipèdes


A Paris, dans les jardins du palais royal, de jeunes bimbos russes tombent en arrêt devant un lévrier Iranien. Aussitôt et délaissant les façades arrogantes et décrépies, elles s'adonnent aux poils abondants de la bête. Giboulées de pixels. Shorts moulants. Ronronnements du maître.

Mes plates excuses pour le bien peu de régularité consacré à l'alimentation des lieux. Nous quittons la blanchisserie vosgienne, pour une prochaine virée dans les charbonnages Belges.

26 juin 2009

Decorum


"Une ligne politique, une méthode de gouvernement éprouvée, prouvée par une longue expérience et par un long examen, finit par être sentie comme une loi souveraine...Et du même coup, tout le groupe des réalités et des conditions dérivées s'y intègre. Elle devient incontournable, inattaquable, reconnue comme seule alternative véritable au programme de l'opposition, elle-même convaincue que la vie, dans ses grandes manifestations d'ensemble (évolution des sociétés, des comportements, etc...), est fondée sur un processus global d'accumulation et que ce processus global d'accumulation s'affine et nécessairement s'élève à mesure: il appartient à son évolution et cette conviction est tellement ancrée en nous qu'on oublie l'origine....C'est le signe qu'elle est devenue notre seule réalité..."

A cauchemar is born, Jean-Charles Massera, 2007.

25 mai 2009

Coupat-ble!




"Si l'on traque avec tant d'avidité les témoignages "de l'intérieur" qui exposeraient enfin les secrets que la prison recèle, c'est pour mieux occulter le secret qu'elle est : celui de votre servitude, à vous qui êtes réputés libres tandis que sa menace pèse invisiblement sur chacun de vos gestes."

"Mais la plus remarquable imposture du système judiciaro-pénitentiaire consiste certainement à prétendre qu'il serait là pour punir les criminels quand il ne fait que gérer les illégalismes. N'importe quel patron – et pas seulement celui de Total –, n'importe quel président de conseil général – et pas seulement celui des Hauts-de-Seine–, n'importe quel flic sait ce qu'il faut d'illégalismes pour exercer correctement son métier. Le chaos des lois est tel, de nos jours, que l'on fait bien de ne pas trop chercher à les faire respecter et les stups, eux aussi, font bien de seulement réguler le trafic, et non de le réprimer, ce qui serait socialement et politiquement suicidaire."

"Le partage ne passe donc pas, comme le voudrait la fiction judiciaire, entre le légal et l'illégal, entre les innocents et les criminels, mais entre les criminels que l'on juge opportun de poursuivre et ceux qu'on laisse en paix comme le requiert la police générale de la société."

Julien Coupat, depuis sa geôle, Le Monde, 25 mai 2009.

16 mai 2009

Magistral naufrage


"Il n'était alors que second. Sur le Cygnus, un pétrolier qui battait pavillon libérien. Une époque où l'Afrique du Sud, alors sous embargo international, manquait cruellement de pétrole. Le Cygnus, plein à ras bord de brut iranien, avait déchargé sa cargaison à Port Elizabeth durant la nuit. Puis il avait repris la mer, par le cap de Bonne Espérance. Après avoir rempli ses cuves d'eau. Là ils avaient attendu les vents, la houle, n'importe quel brin de tempête.
Au sixième jour, ils avaient eu ce que cherchait le capitaine. Un roulis de vingt degrés. Un faible roulis pour un tel bateau. Le Cygnus était un navire de haute mer, construit pour affronter les intempéries. Le capitaine ordonna de naviguer écoutilles ouvertes, puis au lever du jour d'ouvrir les vannes. L'équipage fut invité à préparer ses valises. On mit les canots de sauvetage à la mer et ils s'y embarquèrent après avoir lancé des appels de détresse.
Le Cygnus coula majestueusement. S'y refusant presque. "Dommage". Ce fut le seul commentaire que s'accorda le capitaine."

Les marins perdus, Jean-Claude Izzo, 1997.

7 mai 2009

Autopromo


 Poursuite de notre petite promenade dans la grosse laverie des Vosges. Au passage j'en profite pour faire de la méchante auto promo aux habitués des parcours frichesques, s'il en reste. Vous trouverez chers visiteurs un nouveau lien sur ce blog, vers une gâterie répondant au blase "lascia perdere" (presque "laisse béton" en V.O.) Il s'agit d'une œuvre commune, quasi association de malfaiteurs, moi aux images et un sacré complice à la poésie. Depuis le temps que je le tannais tout en frimant pour faire moderne, bé voilà c'est fait, on y est, en ligne. C'est par ici.

27 avril 2009

n°3282


Paulo était un brave type. Le genre à pas rechigner à la tâche, toujours sur le pont...dès que le taulier avait un truc coton c'était pour sa pomme. Il est comme ça, Paulo frondeur et tête brûlée. Ha c'est sûr, que le boss l'avait à la bonne... Certains lui disait bien que ça lui rapporterait dalle, qu'au fond il resterait toujours un soutier, gagne petit à s'écorcher comme ça...Puis voilà, depuis l'accident il a une patte fondue. Les assurances ont rien voulu savoir....fallait pas turbiner le dimanche qu'ils ont dit...Quant au tenancier c'est limite s'il l'a pas engueulé.
Alors quand le vieux a pas voulu cracher les 5%, il était dans les premiers à monter là haut. Remarquez ils l'ont gardé deux, trois jours, pas plus...l'ont pas touché. C'est pas l'envie....mais... 6 mois de trou, comme dit sa bourgeoise, c'est cher payé pour avoir séquestré une enflure pareille.

15 avril 2009

Tout se paye un jour

Un jour je me disais, tout ce fatras en musique, ce serait pas mal...ça permettrait peut être de retenir le client, qu'il reste un peu plus longtemps. Alors j'ai cloqué un gadget à zoule dans la page. Ça avait de la trogne, ça faisait moderne et tout. Et puis paf, vlà qu'ils veulent faire banquer. Alors là niet! Non pas que je sois un assoiffé du tout gratos, mais bon ça va deux minutes de lâcher du flouze dans le vide...Et ils peuvent se le coller au frais leur chantage à la conscience du genre "il faut banquer sinon, bé, y aura pu de gentils artistes indépendants"...M'en fout tiens! Qu'ils aillent taffer en call center! Ils raconteraient moins de conneries dans leur chansouilles...Moi je veux bien raquer pour la création, un fond de chose fait pour ça, bien propre, genre financé sur les abonnements ADSL ou sur les prêts de médiathèques, du genre....mais pas pour les marges arrières de Virgin, Fnac , ziczic.com et consorts. Donc, jusqu'à nouvel ordre, ici, silence.

6 avril 2009

superfictions

Clin d'œil dissimulé dans la façade...comme un signe que l'on croise sur sa route sans y prendre garde...une sorte d'avertissement du destin, une faille étrange dans le déroulement du temps, qui vous laisse un sentiment singulier vaguer à l'âme. Puis, quelques jours plus tard vous dégringole sur le râble une de ces carambouilles qu'on ne souhaite pas aux pires raclures. Alors là, vous rembobinez le fil de la somme des évènements...c'était donc ça le signal que vous n'avez voulu voir, ni interpréter. Puis vous commencez à y croire et effeuillez des trèfles en comptant les feuilles...tâtez la patte d'un rongeur dans votre profonde...Mais si c'était vous le chat noir?...

30 mars 2009

Pousser les bleus


Il parait que le bleu apaise...que sous ses feux les braises sont atténuées...qu'il a cette pâleur tiède qui trompe les sens les plus tourmentés...que c'est pour cela qu'on en fait plein...des bleus...que pour les bébés mâles les chambres sont bleues...que certains disent c'est un bleu...ou vivent ou naissent dans le bleu...qui n'est jamais qu'un noir trop blanc...ou peut-être était-ce un vert dont on retire le jaune...Pour le moment.

26 mars 2009

Intérieur jour



Intérieur jour. Clap. Le type avance sur des œufs. Au moindre croustillements sous ses pas et il est repéré. Il ne lui reste plus que quelques encablures avant de pouvoir se planquer. Il n'a pu s'empêcher de la ramener...plus moyen de passer entre les gouttes. Le maton attendait le faux mouvement pour le poirer. Il parait que dehors ils sont libres...Mais savent-ils qu'ici aussi le moyen âge existe encore? Que les serfs sont désormais en costume cravatte, qu'ils vont et viennent comme les autres, mais sont fermement tenus en laisse invisible. Jusqu'à ce qu'ils craquent...

16 mars 2009

Sous les feuilles


La république perd un de ses résidents. Hier à Sousse, demain dans le Vercors à planer au bout d'un élastique...Faites monter l'artiste...Pas du genre à traîner à l'arrière des berlines...môssieur rêvait d'atomiseurs...plutôt à prendre des trains à travers la plaine.....soldat sans joie, tu nous a faussé compagnie...Il manquera. Pourquoi tu me disais? Parce que lui aurait pu rester jusqu'en 2043.

9 mars 2009

L'habitat en dents de scies

L'autre jour, je tenais la solution à la crise des Stas'Unis, rapport aux subprimes. Bé si, tenez plutôt que de refiler un tas de pognon à des banques (ou ersatzidés) qui savent pas trop quoi en foutre, ou si mal...Et bien, il faut que l'Etat fédéral casque pour racheter les bicoques des pauvres bougres qui se sont retrouvés à la rue, cause qu'ils pouvaient pu allonger. Ainsi, on fait oeuvre utile en (re)logeant des pôves malheureux et pi en plus on permet aux marchés de retrouver leur solvabilité...oué bon, laissons faire les pros, ça a l'air de marcher à mort.
Tiens à propos, le collectif Jeudi noir s'est fendu d'une carte des réquisitions possibles. Mmmm...il y aurait de quoi étoffer.

3 mars 2009

Le plein de vide



Un beau jour ils auraient filé...emportant tout le toutim...le fatras sur lequel on s'écorchait l'échine et on s'érodait l'espérance de...quoi? On aurait trouvé un tas de raisons, l'écran total fiscal!...Pas assez fort!...les cotisations choses qui étranglent!...l'infiltration des soviets.!..la méningite du travail!...les risques que prennent ces gens là...qu'on se rendait pas compte...qu'un jour ça craque!...normal. Pas croire que c'est facile non plus l'évasion fiscale...on vit dans le stress permanent...la traque est rude...presque un exil...une déchirure...Il parait que certains reviennent depuis peu... Depuis je garde toujours une valise de prête...au cas où.

27 février 2009

Sur les ruines des mots


"Le soir du discours du Führer à Königsberg, un de mes collègues qui avait vu et entendu Hitler à plusieurs occasions me dit qu'il était convaincu que cet homme finirait dans la folie religieuse. Pour ma part, je crois aussi qu'il aurait voulu se prendre pour un nouveau Sauveur allemand, que l'exaltation de la mégalomanie césarienne en lui était en conflit permanent avec le délire de persécution, ces deux états pathologiques se renforçant mutuellement, et je crois que c'est justement à partir d'une telle maladie que l'infection a gagné le corps du peuple allemand affaibli et psychiquement détraqué par la première guerre mondiale.
Mais, de mon point de vue de philologue, je continue de croire que si l'impudente rhétorique de Hitler a produit un effet aussi monstrueux, c'est justement parce qu'elle a pénétré avec la virulence d'une épidémie nouvelle dans une langue qui, jusqu'ici, avait été épargnée par elle, c'est parce qu'elle était au fond si peu allemande, tout comme le salut et l'uniforme imités des fascistes-remplacer la chemise noire par la chemise brune n'est pas une invention très originale- tout comme l'ensemble ornemental des manifestations de masse."

"LTI la langue du troisième Reich" Victor Klemperer 1995 (date de publication en Allemagne).

21 février 2009

Recommencements


Et bien voilà, poursuite de la visite...en réalité il en faut plusieurs de visites et parfois à des années d'intervalle pour arriver à récolter des images correctes. Il faut d'abord faire un petit repérage, puis il y a bien sûr et avant tout la météo et donc la lumière...mais l'œil a cette fâcheuse habitude d'être relié au cerveau, lequel est embrumé...a ses humeurs...n'a rien envie de voir...est pressé...ou distrait. Et ce qu'il n'aura pas vu une première fois, ou mal, il le verra mieux la seconde...ou pas...ou les suivantes. Alors il faudrait revenir un nombre incalculables de fois à l'ouvrage pour tromper ses propres travers. Jusqu'à ce que la technique permette un jour d'être définitivement des escrocs. Encore un effort.