12 octobre 2010

Gratter le Léviathan


Il semble que la mayo veuille prendre....enfin!...il en aura fallu!..."reconductible", passons sur le soft langage, là où il faudrait dire "générale" et "illimitée"...Va pas être facile...comme l'écrit Davduf, finalement chaque fois que la populasse s'aventure à gratter les orteils du Léviathan, c'est un peu une répétition générale pour le Pouvoir. Ils feront mieux la prochaine fois! Alors tu penses, depuis 95, ils ont eu le temps de disséquer ce qui reste de vivant dans cette armée de réserve à zombies. La déferlante sera dure..à commencer par les laquais gardiens de la juste opinion cathodique...le plus difficile serait encore de se dire que la "gauche" de gouvernement ne reviendra certainement sur rien. Faits comme des rats! Ok, mais pas sans avoir livré bataille.
Pour couronner le tout, suis écartelé entre mon soutient au mouvement, petit numéro anonyme des grévistes, et le fait d'être touché par ses conséquences. Alors, si dans quelques jours, je venais à grogner un truc sur l'espérance de vie qui s'allonge...abattez-moi sans sommation. Je vous aurais ralentis.

5 octobre 2010

Dispregiativo


"Jim s'était mis à éclabousser ces filles. Il était devenu dieu de l'Eau et elles l'adoraient. Il s'était mué en promesse, en chose possible. Il était génial. Il savait s'y prendre. Des livres, j'en avais lus beaucoup mais lui, il en avait lu un que je n'avais jamais ouvert. Maillot de bain, couilles, méchant petit air et jolies oreilles rondes, c'était un vrai artiste. Je ne pouvais pas plus le défier que l'espèce de gros porc en coupé sport vert qui m'avait nargué avec sa beauté à long cheveux qui flottaient au vent. L'un comme l'autre, ils avaient ce qu'ils méritaient. Moi, je n'étais qu'un étron de cinquante cents qui surnageait au milieu du grand océan vert de la vie."

Souvenirs d'un pas grand chose, Charles Bukowski, 1982.

16 septembre 2010

Autorail pour les falaises


Qui dit rentrée, dit nouveau départ. Bien, alors changement de décor. Nous quittons les charbonnages liégeois pour une voie ferrée, désaffectée, en Normandie. C'est fou ce que ce pays peut compter de lignes ferroviaires à l'abandon...pas interdit que ça resserve un jour, notez. En attendant d'assécher une bonne fois les sous sols, derrière Etretat, une petite voie ferrée serpente...On en a fait un vélo-rail, pour le bonheur des touristes. Et puis, en s'aventurant un poil plus loin...de vieux autorails dépérissent. Le tout pour le plaisir d'une plaisante ballade.

2 septembre 2010

Diversion massive


Depuis quelques temps nous n'avons plus nos Roms...ils ont déserté la rue de l'Ourcq...vacances low cost à 300 boules...sans doute. C'est qu'il faut parfois changer de montures, pour en ménager l'usage. Après la Courneuve et l'insécurité des faubourgs...les "jeunes"...bé y a qu'à faire les Roms. Relents Vichystes? Ha non! Rien à voir! Celle-là est réservée. Pas touche! Bon, bon...M'enfin des ressemblances dans la recette, un peu non? Ennemi intérieur et bouc-émissaire. Grand classique. On parlera d'autre chose...des fois que la rentrée soit...hum...sociale? Rentrée? Tous en rang! Bougez plus! Je change la bobine, le temps de descendre aux archives.
 

1 août 2010

La roue électrique


Je signale en passant pour tous les amateurs, l'excellent travail d'un maître du genre.
Bon décrochage à tous ceux qui ont pu faire relâche, courage aux autres.

13 juillet 2010

Au-delà de l'arc-en-ciel


"Jour de la remise des diplômes. En toque et en robe, nous entrâmes dans le grand auditorium sur l'air de "Pomp and Circumstance". Il faut croire que nous avions appris quelque chose pendant ces trois dernières années. Nous étions probablement un peu meilleurs en orthographe et avions, physiquement, beaucoup grandi. J'étais toujours puceau. "Alors Henry, toujours pas décapsulé?" "Eh non, eh non", répondis-je.
Jimmy Hatcher était assis à côté de moi. Le principal était en train de faire son discours et raclait le fond du vieux tonneau à merde avec un bel enthousiasme.

" L'Amérique, c'est le pays où l'on peut tenter sa chance et, homme ou femme, il suffit de vouloir pour réussir...
-Comme plongeur dans un resto, fis-je.
-Comme employé à la fourrière, ajouta Jimmy.
-Comme cambrioleur, fis-je.
-Comme éboueur, dit-il.
-Comme infirmier psychiatrique, se reprit-il.
-L'Amérique est courageuse...ce furent des gens pleins de courage qui la bâtirent...Notre société est juste...
-Juste pour quelque-uns, fit Jimmy.
-Une société de justice et tous ceux et toutes celles qui veulent de ce rêve, là-bas, au-delà de l'arc-en-ciel, trouveront...
-Une grosse merde bien velue, proposai-je."

Souvenirs d'un pas grand chose, Charles Bukowski, 1982.

6 juillet 2010

Au moment même


"Lorsqu'on examine ce qui s'est passé depuis 1930, il n'est pas facile de croire à la survie de la civilisation. Je ne suggère pas, à partir de ce constat, que la seule solution est de renoncer à la politique quotidienne, de se retirer dans un lieu éloigné et de se concentrer sur son salut personnel, soit sur la création de communautés autonomes en prévision du jour où les bombes atomiques auront fait leur travail. Je pense qu'il faut poursuivre la lutte politique exactement comme un médecin doit tenter de sauver la vie d'un patient, même s'il a de grandes chances de mourir. Mais il me semble que nous n'iront nulle part tant que nous ne reconnaîtrons pas que le comportement politique est en grande partie non rationnel, que le monde souffre d'une sorte de maladie mentale qu'il va falloir guérir. Le point important est que la grande majorité des calamités qui s'abattent sur  nous ne sont absolument pas nécessaires. On pense communément que le désir des êtres humains est de se sentir en sécurité. Eh bien, nous avons aujourd'hui la possibilité de nous sentir en sécurité, ce qui n'était pas le cas de nos ancêtres. La nature peut parfois riposter par un tremblement de terre ou un cyclone, mais elle a été en grande partie vaincue. Et pourtant, au moment même où il y a, où il pourrait y avoir, suffisamment de tout pour chacun, toutes nos énergies ou presque, sont dévolues à essayer de nous prendre les uns aux autres des territoires, des marchés et des matières premières. Au moment même où les biens pourraient être distribués à tous de telle sorte qu'aucun gouvernement ne puisse craindre d'opposition sérieuse, la liberté politique est déclarée impossible et la moitié du monde est dirigée par des forces de police secrète. Au moment même où les superstitions s'effondrent et où une attitude rationnelle devant l'univers devient possible, le droit à penser ses propres pensées est nié comme jamais auparavant. Le fait est que les êtres humains n'ont commencé à se battre sérieusement les uns contres les autres qu'à partir du moment où il n'y avait plus vraiment de raison de le faire."

George Orwell, 29 novembre 1946 (A ma guise, chroniques 1943-1947).

23 juin 2010

Désordre (re) local


"Relocaliser"...le mot est même pas reconnu par le correcteur orthographique de ce bousin et pourtant c'est bien ce qui pourrait arriver à la production d'une bagnole italienne. Jusqu'ici la caisse à savon était produite en Pologne et voilà pas qu'un referendum d'entreprise approuve le retour des chaines de montages en Italie. A la clef, une cure drastique pour les salariés: heures sup' à gogo, pauses sucrées, absentéisme fliqué, indemnités maladie dans le ionf et turbinage 6 jours sur 7....j'en passe. Excédés de voir le taf leur filer entre les pognes, les syndicats polaks rechignent et estiment le cocktail antisocial "insupportable pour les italiens". Bon, le tableau est presque complet, dans une Europe libérale jusqu'aux sphincters, l'effet level playing field joue à fond les ballons...la mise en concurrence des systèmes sociaux est bien le but ultime de la manœuvre...un seul objectif : essorer la bête pour qu'elle crache quelques points supplémentaires de valeur. Le tout sur fond de rivalités salariales transfrontalières genre "c'est à babord qu'on taf le plus pour rien". En attendant la relocalisation en provenance de Shenzhen...voire relocalisation espace temps...je reviens du XIXème avec ma chaîne de montage, préparez les gosses pour la clef à molette...yeah!

18 juin 2010

La recette des poutres


Aller hop! Une chtiote réforme des retrait'...y avait longtemps. Une grosse couche d'espérance de vie qui monte, un nappage léger de privilèges des fonctionnaires, un zeste de panique sur le chiffrage...faites cuire thermostat 5 pendant la coupe du monde...et le tour est joué! Les bien nommés partenaires sociaux joueront leur partie et organiseront une gentille petite randonnée pédestre entre bastoche et république...Pas de menace sur la AAA à l'horizon... la grande Duduche de Bercy le glisse sans rire, tout ça c'est fait pour faire plaisir à la corbeille...et pour saigner encore un peu le pôvre! Qui du coup d'ici peu et à force de voir la pension lui filer entre les pognes, trouvera que des avantages aux fonds du même nom...Car c'est pas ailleurs qu'il faut chercher la raison de tout ce cirque...quand on veut tuer son chien...les vautours sont déjà à la porte, plan marketing prêt à jaillir de la dernière I-couille...et le flouze repartira dans le tube du grand casino...Les jeux sont faits!...nous aussi...Rien ne va plus!

14 juin 2010

Faire le mur


Alors voilà, vous voulez inviter une parente à votre mariage. Le hic c'est qu'elle habite du mauvais côté de la Méditerranée. Dans ce cas voyez-vous ça ce complique un chouïa...car en vertu de la sédimentation législative qui tient lieu de code de la nation-sécuritaire-qui-reste-quand-même-le-berceau-des-droits-de-l'homme, bé il faut un visa de tourisme et une décla en mairie signifiant que vous accueillez un estranger. Formalité? Neni. Pas moyen! Vous comprenez des fois que passée la cérémonie une envie subite de profiter des privilèges de notre beau pays vous saisisse...histoire de goûter aux joies de la clando', cache-cache avec la PAF! Les arrières cuisines des restos de la bonne boubouffe bien de chez nous....voire, un petit stage de services à domicile dans le 16ème, payée 10€ par mois et une gamelle à côté du clebs. Hein? Tentant non? Tradition d'accueil mon derche! Ha!....Si tu sais pousser la baballe avec ton pied c'est pas la même. Là on oublie le formulaire Z385287B...
Bref. Cette histoire véridique s'est bien soldée, visa il y eut et la tata a pu assister à l'union de sa nièce, moyennant quelques habiles courriers et un rien d'entregent....Pour combien d'autres à la porte...

8 mai 2010

Du flan dans le béton armé


Voilà voilà que ça recommence...on la croyait passée la grosse Bertha financière, tu parles! Un amuse gueule pour tester l'appétit...Cette fois c'est "joue avec les Pigs"...plouf! plouf! Ce sera toi le petit cochon! Bhâââ....tu as laissé une pas belle dette derrière toi...manque de pot tu peux pas faire rouler la planche à billets. Le club de Bruxelles te lâche en route...en serrant le string pour qu'on regarde pas trop dans leur gamelle...Alors voili ta note qui dégringole! Du BBB pour commencer. Et si tu mets pas la piétaille à ta botte ce sera du CCC...C'est pas de l'andouillette ça mon pote! Tire dans la foule! Tu verras si ton rating décolle... Sinon bouffe toi les méchants taux d'usure....Et au suivant! Stratégie du choc vous disiez? Et bien, cela fonctionne à merveille. Tant qu'ils gagnent ils jouent...La question c'est jusqu'où, parce que pour le moment rien, absolument rien ne peut arrêter l'engin.

17 avril 2010

Le style aux commandes



"Annonçant que le ministère du commerce s'apprête à lever l'interdit sur les pantalons à revers, la publicité d'un tailleur salue cet évènement comme "le premier acompte de la liberté pour laquelle nous nous battons".

Si nous nous étions vraiments battus pour les pantalons à revers, j'aurais dans doute penché pour les forces de l'axe. Les revers ne servent à rien, sauf à récolter la poussière, et ils ne présentent aucun avantage, sauf les six pence qu'on y retrouve parfois quand on les nettoie. Mais, sous le cri de jubilation de notre tailleur, il y a une arrière-pensée: d'ici peu l'Allemagne sera vaincue, la guerre pratiquement finie, le rationnement moins strict, et on assistera alors au retour fracassant du snobisme vertimentaire. Voilà un espoir que je ne partage pas. Plus tôt cessera le rationnement alimentaire et plus je me réjouirai. Mais je ne voudrais voir le rationnement vestimentaire se poursuivre jusqu'à ce que les mites aient le dernier smoking et que les ordonnateurs de pompes funèbres eux-mêmes aient abandonné le haut-de-forme. Il me serait indifférent de voir la nation tout entière porter des uniformes teints pendant cinq ans si c'était le moyen d'éradiquer l'une des principales sources de snobisme et de jalousie. Le rationnement vestimentaire n'a pas été conçu dans un esprit démocratique, mais il a tout de même entraîné une certaine démocratisation. Si les pauvres ne sont pas beaucoup mieux habillés, du moins les riches sont-ils plus miteux. Et comme aucun véritable changement structurel ne se produit dans notre société, le nivellement qu'engendre mécaniquement une simple pénurie vaut toujours mieux que rien."

Georges Orwell , Chronique du 4 février 1944 (A ma guise, chroniques 1943-1947).

21 mars 2010

Ceux qui osent....


"En réalité, c'est l'interventionnisme des États et l'affaiblissement des disciplines du capitalisme à notre époque qui ont empêché les marchés de jouer leur rôle régulateur."

"Les décisions financières à notre époque sont prises par des manageurs non capitalistes - des salariés - et pas par de vrais capitalistes, c'est à dire des propriétaires responsables et soucieux d'éviter la faillite de leurs entreprises."

"En définitive, revenir au capitalisme, c'est revenir à une véritable éthique sociale qui est malménée par l'interventionnisme étatique. En effet, le capitalisme peut se définir comme un système de droits de propriété légitimes et il repose sur l'exercice de la responsabilité individuelle. En tant que tel, il est seul système social dont les fondements sont de nature morale."


Le Monde daté du 20 mars 2010, Pascal Salin "Revenir au véritable capitalisme c'est l'étatisme qui a nourri la crise".

8 mars 2010

L'ordinaire conspiration


"Avec la permission d'une correspondante, je vais citer quelques passages d'une lettre d'instructions qu'elle a reçue il y a peu d'une école de journalisme bien connue (London School of Journalism) :

"Un grand nombre de vos lecteurs seront des gens qui n'ont pas du tout envie de considérer les employeurs comme esclavagistes et des méchants capitalistes de la société (...) Écrivez simplement et avec naturel, sans essayer de faire de longues phrases ni d'utiliser de grands mots. Rappelez-vous que le but est de divertir. Aucun lecteur, après une journée de travail, n'aura envie de lire une liste des doléances de quelqu'un d'autre. Mettez un frein à votre désir de parler des "maux" de l'industrie minière. Il y a des millions de personnes qui n'oublieront jamais que les mineurs ont fait grève tandis que nos fils et maris se battaient contre les allemands. Où seraient les mineurs si les troupes avaient refusé de se battre? Je mentionne ceci pou vous aider à voir les choses sous un angle différent. Je vous déconseille d'écrire sur des sujets à controverse. Ils sont difficile à vendre. Une description simple de la vie des mineurs a bien plus de chance. (...)
Le lecteur moyen accepte volontiers qu'on lui parle d'autres modes de vie que le sien - mais, à moins d'être un imbécile ou un gredin, il ne prêtera l"oreille à de la propagande partiale. Oubliez donc vos griefs et dites-nous un peu comment vous vous débrouillez dans un village minier typique. Un des magazines féminins acceptera certainement de lire un article sur ce sujet écrit par une ménagère."  (...)
Il ne s'agit pas d'un complot capitaliste voilé pour droguer les ouvriers. La personne qui a écrit cette lettre peu soignée n'est pas un sinistre conspirateur mais simplement un âne (ou une ânesse, je dirais, d'après le style) sur lequel des années de bombardements et de privations n'ont eu aucun effet. Cette lettre démontre à quel point  les habitudes mentales d'avant guerre sont des mauvaises herbes à la vitalité invincible."

Georges Orwell, Chronique du 6 octobre 1944 (A ma guise, chroniques 1943-1947).

11 février 2010

Au large


Les seasteaders libertariens sont les héritiers de cette tradition visionnaire, mais ils trahissent leur politique de classe en la dégradant. Ils rendent presque leur critique radicale nostalgique de rêves ennemis grandioses. Leurs monolithes intransigeants de l'architecture fasciste et stalinienne témoignaient des ambitions gigantesques monstrueuses de leurs commanditaires. Mais si New Utopia, le plus fou des seasteads libertariens, teinte son Miami-isme terne de juste ce qu'il faut de barbe à papa Vegas pour laisser entrevoir un baroque anémié, Freedom Ship est un centre commercial flottant à l'allure d'hôtel méditerranéen de milieu de gamme. Mais la défaite de l'imagination utopique n'est nulle part plus frappante que dans les projets de ville flottante toujours influents, bien qu'enterrés depuis longtemps, d'Atlantis Project.
C'est un rêve libertarien. Des quartiers hexagonaux d'appartements carrés bordurés conventionnellement de minuscules parcs bien peignés et des marinas merveilleusement monotones, l'âme d'une banlieue de Floride. C'est la gated community ultime, conçue non pour les très riches et certainement pas pour les très puissants, mais pour ceux qui le sont moyennement. En tant qu'utopie, Atlantis Project fait pitié. Passée son unique raison d'être, sa situation sur les mers, il est tragiquement dénué de toute ambition, estropié par l'anxiété de classe, nostalgique, pas même d'un glorieux passé mythique, mais de fausse vertu anonyme de fifities fantasmées. Ce n'est pas une vision de la classe dirigeante, plutôt la rêverie plaintive d'une petite bourgeoisie apeurée qui, face à ce qu'elle percoit comme problèmes sociaux, n'a trouvé que cette solution boudeuse: fuir, faire voile vers un crépuscule sans impôts.

China Miéville, Utopies flottantes in Paradis infernaux, les villes hallucinées du néo-capitalisme 2008.

29 janvier 2010

Ce qu'il en restera....


"Votre avion commence sa descente, vous êtes littéralement scotché au hublot. La scène est proprement stupéfiante: un archipel d'îles aux tons coralliens forme un puzzle presque complet de 60km² imitant les contours d'une mappemonde. Des eaux vert émeraude et peu profondes qui séparent les continents surgissent les silhouettes immergées des pyramides de Gizeh et du Colisée romain."
(...)
"Alors que l'avion vire lentement en direction du désert, un spectacle encore plus invraisemblable vous coupe le souffle: d'une forêt de gratte-ciels chromés surgit une tour de Babel d'une hauteur invraisemblable-huit cent mètres, plus haut que deux Empire State Building empilés l'un sur l'autre. Vous n'avez pas fini de vous pincer l'avant-bras que l'avion atterri: le centre commercial de l'aéroport vous accueille, offrant aux regards concupiscents des montagnes de sacs Gucci, de montres Cartier et lingots d'or d'un kilo pièce. "
(...)
"Votre hôtel en forme de méduse, l'Hydropolis se situe à vingt mètres sous la mer. Chacune des deux cent vingt luxueuses suites est équipée de murs plexiglas qui offrent une vue spectaculaire sur les évolutions de gracieuses sirènes et sur le célèbre "feu d'artifice sous-marin": un show hallucinant "d'eau, d'air et de sable tourbillonnant éclairé par un jeu de lumière sophistiqué."
(...)

"Bienvenue dans cet étrange paradis. Mais où êtes-vous donc? Dans le nouveau roman de Margaret Atwood, dans la suite posthume du blade runner du Phillip K. Dick ou dans la tête d'un Donald Trump sous acide? Erreur. Vous êtes à Dubaï, ville-État du Golfe persique, en 2010."

Le Stade Dubaï du capitalisme, Mike Davis, in Paradis Infernaux Les villes hallucinées du néo-capitalisme 2008.

16 janvier 2010

Du bon du côté du bistouri


"Il y eut un petit déclic. Tout cela était très paisible. C'aurait tout aussi bien pu être la minuterie automatique, ou alors le réflecteur métallique de la lampe qui chauffait. C'était rassurant, cela calmait sauf que lorsque je recommençais à y songer, je décidai que tout ce qu'ils étaient en train de faire pour moi était inutile. Je me dis qu'au mieux l'aiguille laisserait des cicatrices pour le restant de mes jours. Ce n'était déjà pas mal, mais n'était rien encore à côté de ce qui me tracassait, c'était qu'ils ne savaient absolument pas comment s'occuper de moi.  Je le sentais dans leurs discussions et dans la façon dont il me traitaient. Ils hésitaient, ils étaient mal à l'aise et pourtant, rien de tout cela ne les intéressait: je les rasais. Et, pour finir, rien de ce qu'ils faisaient n'avait d'importance. Il fallait seulement faire quelque chose. N'importe quoi. Ne rien faire n'aurait pas été professionnel.
On expérimentait sur les pauvres et si ça marchait, on étendait le traitement aux riches. Quand ça ne marchait pas, on se disait que des pauvres, il y en aurait toujours assez pour continuer à expérimenter autre chose."

Charles Bukowski, Souvenirs d'un pas grand chose, 1982.

3 janvier 2010

2010...et il ne s'est rien passé...




 Allez-y, basculez les résolutions et tout le tremblement. 2010 s'installe et il ne s'est strictement rien passé, la finance crise toujours un peu, les bonus sont toujours bien distribués, les Stasunis sont toujours en guerre, les conférences climato-chose ne servent décidément à rien, Battisti court toujours mais moins vite, les chroniqueurs racontent encore les mêmes insanités en boucle, le parti socialiste continue de flotter quelque part...Seul point d'encrage dans ce néant, nos petites Friches. Ouf!..On a encore un peu de stock pour alimenter cette année. Alors tous mes vœux et belles balades.

8 décembre 2009

Retour à la terre



"Il s'agit à la fois de sélectionner les animaux pour leur faire produire d'avantage de nourriture et de lait. Mais aussi, d'une certaine façon, de sélectionner les humains. Vissac, dans son grand livre-testament, note sans état d'âme apparent que la décision a été prise de partager les paysans en trois catégories, l'une devant disparaître, une deuxième devant être aidée par l'État à se "moderniser", et la troisième, déjà assez puissante pour se contenter d'un "accompagnement" vers les lendemains qui chantent. Ce qui donne: "Cette répartition correspond à un véritable processus de sélection, humaine celle-là. Elle n'est plus de l'ordre de l'évolution sociale lente, mais correspond à une véritable décision imposée par une génération humaine qui précède et à celle qui suit."

In Bidoche, page 251, Fabrice Nicolino, édition les liens qui libèrent, 2009.

7 décembre 2009

Alter ego



"Je les regardai sortir de l'eau: on luisait de partout, on avait la peau douce et on était jeunes, on ne savait pas la défaite. Je voulais qu'ils veuillent de moi. Mais je refusais que ce soit par pitié. Et pourtant, malgré leurs corps et leurs esprits lisses et intacts, il leur manquait quelques chose: au fond, rien ne les avait jamais éprouvés. Lorsque, pour finir, l'adversité se mettrait de la partie, il serait peut-être trop tard. Ou alors, elle frapperait trop fort. Alors que moi, j'étais prêt. Enfin, peut-être."


Souvenirs d'un pas grand-chose, Charles Bukowski, 1982.

24 novembre 2009

Oscillations endolories



Jouer à cache-cache avec son écorce c'est quand ton corps te joue des tours de cochons. Elle prend les commandes cette damnée enveloppe! Et gagne du terrain... Le cocktail chimique avoue ses limites. Le face à face aura lieu et il faut ruser quand l’ennemi est à l’intérieur. Combat solitaire malgré toutes les empathies... 
Quand il prend terre, le laisser faire. Ne plus lutter, c’est inégal. A ce train on s’use. Devenir de bois. Plonger ses racines au plus profond de soi. Laisser flotter ses feuilles, déployer ses ramifications.... Compter les battements de sève. Attendre et mystifier son cerveau. 
A-t-on déjà vu des arbres devenir funambules ? On voit des choses là bas…dont on ne soupçonne pas. Heureux ceux qui ne les connaissent pas, alors ils imaginent.

13 novembre 2009

Aux crochets des hommes



"La chimie a fait des progrès considérables, et nous pouvons savoir ce qui, dans la viande, les fromages, le beurre, donne leur goût à ces produits. Par conséquent, on peut extraire ces substances chimiques et les remttre dans, par exemple, des viandes artificielles. On fait du jambon, on fait du bifteck, on fait ce qu'on veut avec ces produits là."

"Au lieu de laisser les enzymes agir dans nos estomacs, eh bien on peut injecter les enzymes dans la carcasse de l'animal et leur laisser fairele travail d'attendrissement avant consommation (...) On pourrait, si on le désirait, prédigérer l'animal, en quelque sorte, et rendre les morceaux plus tendres dans l'assiette."

Raymon Février, Inspecteur Général de L'INRA, 1970, In Bidoche, Fabrice Nicolino, 2009.

1 novembre 2009

Culture hors sol



Le 104, enclave culturelle du 19ème arrondissement Parisien, périclite: "Mais comment faire décoller le lieu ? Cantarella et Fisbach demandent qu'on leur donne du temps. Et un peu plus d'argent. L'enveloppe actuelle de 8 millions d'euros, à laquelle il faut ajouter quelque 2,5 millions d'euros de ressources propres (location d'espace, mécénat), ne suffirait pas." Le Monde, 31.10.09.

Et combien encore? 8? 10? 12? Qui dit mieux? Et qu'on me fasse pas le coup du poujadisme rampant...Comme si un gros chèque allait régler le problème...Faire de la culture hors sol à coup de carnet d'adresse et de réseaux, au mépris du contexte local de l'arrondissement, à la barbe des services publics de base et nappée de sophistication glacée. Voilà le concentré de jacobinisme...la culture d'État. La recette miracle? Embaumez moi ça les croquemuches!

Bastion...baston!


Bastion, forteresse, citadelle...c'est le déluge pour désigner cet autre château fort de la mythologie sociale que fut Renault-Billancourt. Quand le site ferme en 1993 le département des Hauts de Seine décide de trier sur le volet quelques photographes pour immortaliser le paquebot, sentant bien que la pelleteuse n'était pas loin. Seulement la visite se fait à "objectif guidé" et sous haute surveillance. La direction de Renault ne tient pas à ce qu'on sacralise le panthéon de la lutte syndicale. S'il y avait moyen de lisser tout ça et qu'on ne retienne que la gloire industrielle...le reste? Aux oubliettes de l'histoire...sans blagues...le mur est tombé. Bref cette première visite sera sertie, rivetée, expurgée. De fait, Billancourt restera, avant sa mise à mort définitive, assez largement et efficacement soustraite aux regards indiscrets. L'étau se desserrera à peine 10 ans plus tard, juste avant que le navire ne soit sabordé.

Rien d'étonnant me direz-vous? Depuis 1984 on sait bien que rien ne vaut un bon contrôle de l'histoire pour faire passez la pilule. Certes. Depuis il y a eu le Technocentre, opportunément surpassé par France Télécom. Au suivant.

14 octobre 2009

Principe de soutènement


C'est à se demander comment l'édifice tient encore. Depuis l'après-guerre, l'un des principaux point de tension du régime politique italien peut grossièrement se résumer à un combat entre l'état de droit et la nébuleuse oligarchie-mafia. Pour être parfaitement lucide, il s'agirait plutôt d'un contingentement chaotique par la justice des assauts réguliers du cartel politico-mafieux contre les principes républicains, au premier rang desquels figure l'égalité devant la loi. Et c'est précisément au visa de ce principe républicain que la Cour Constitutionnelle italienne a annulé il y a quelques jours une loi ordinaire et sur mesure, prévoyant notamment l'irresponsabilité pénale du président du Conseil. C'est une indéniable et temporaire victoire de l'état de droit et un bon coup de pied au cul du cavaliere lubrique. On aurait rêvé en France, d'une Décision du Conseil Constitutionnel aussi nette aux temps de Chirac et Dumas...

Mais vigilance, car en général ce genre d'éclipse n'annonce rien de bon. La dernière passe d'arme a couté la vie à Falcone et Borselino, ouvert l'incroyable déluge judiciaire de Mani Pulite, pour se refermer aussitôt sur la création de Forza Italia de Berlusconi. Un nouveau pacte était alors scellé entre l'oligarchie et les clans, dépoussiérant celui passé entre Cosa Nostra et la galaxie Andreotti-Craxi.

Si d'ordinaire la péninsule et ses frasques prêtent à sourire le reste du monde, il n'en reste pas moins qu'elles devraient inquiéter un peu aussi. Car c'est bien souvent le creuset des inventions politiques les plus nauséabondes, le laboratoire d'essai ou la boule de cristal des truanderies en devenir ailleurs, dans d'autres contrées.

4 octobre 2009

Troglodysme


Plongés dans les veines, les entrailles de la ville...quel minerai y cherchons-nous? Ils sont beaucoup d'autres comme eux, certains s'inventant des carrosseries, des carapaces...en apnée ils attendent de pouvoir faire surface. Ceux-là sont alertes, l'œil vif en saccades...cherchent-ils un semblable? Pas tant qu'ils ne se posent, les regard interdits. Alors ils seront trop lointains et se perdront dans l'arrière-plan. Parfois un évènement soudain vient casser le bio-rythme qui autorise l'entorse...C'est selon, bouffée d'air ou coup de grisou. Tels sont les codes de la vie souterraine.

22 septembre 2009

Dungeon Keeper


"Il faut vraiment s’accrocher aux maximes les plus éculées, et notamment à l’idée qu’« il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre », pour persister à formuler des propositions dans un pareil climat de verrouillage d’un ordre de domination, dont en fait on ne devrait pas s’étonner que la probabilité d’une auto-transformation significative à froid soit simplement rigoureusement nulle, et dont on finit par se dire qu’il n’est plus qu’un événement politique de l’ordre du soulèvement pour le faire changer vraiment." F. Lordon, on La pompe à Phynance, post: Si le G20 voulait...

Les affres du prof' sont au rang des types qui rédigent de belles constitutions ou de beaux traités de droits sociaux. Entre le colloque et le droit positif il y a en général une fosse commune. C'est précisément là où le bas de laine s'effiloche. Quand bien même serions nous des cohortes à s'esbaudir sur les brillantes propositions réformistes dont s'agit, encore faudrait-il aller les arracher au prix de quelques bleus et bosses. Et pour en arriver là, il faut s'être offert une sacrée descente, de celle par exemple d'un vrai séisme systémique à avaler votre PEL, compte-chèque et tout le toutim. Fallait-il vraiment sauver le fatras pour souhaiter le changer? Réponse à la prochaine secousse...

19 septembre 2009

Rentrée au hasard


Pour cette rentrée tardive sur Fricherie_s, je ne vous fourguerai rien d'original. Dire du classique serait déjà bien sous estimer l'affaire...Non, nous sommes dans le poncif, dans la tarte à la crème de l'exploration industrielle. Cheratte et son complexe minier, à quelques encablures de Liège, a fait l'objet de multiples visites dont certaines très documentées. Ceci n'empêche que les lieux sont toujours désespérement en décripitude. Alors pourquoi diable en remettre une louche? Bé, parce que le site est superbe pardi, et qu'un oeil averti en vaut bien d'autres. En vous souhaitant une chouette ballade...

25 juillet 2009

Canipèdes


A Paris, dans les jardins du palais royal, de jeunes bimbos russes tombent en arrêt devant un lévrier Iranien. Aussitôt et délaissant les façades arrogantes et décrépies, elles s'adonnent aux poils abondants de la bête. Giboulées de pixels. Shorts moulants. Ronronnements du maître.

Mes plates excuses pour le bien peu de régularité consacré à l'alimentation des lieux. Nous quittons la blanchisserie vosgienne, pour une prochaine virée dans les charbonnages Belges.

26 juin 2009

Decorum


"Une ligne politique, une méthode de gouvernement éprouvée, prouvée par une longue expérience et par un long examen, finit par être sentie comme une loi souveraine...Et du même coup, tout le groupe des réalités et des conditions dérivées s'y intègre. Elle devient incontournable, inattaquable, reconnue comme seule alternative véritable au programme de l'opposition, elle-même convaincue que la vie, dans ses grandes manifestations d'ensemble (évolution des sociétés, des comportements, etc...), est fondée sur un processus global d'accumulation et que ce processus global d'accumulation s'affine et nécessairement s'élève à mesure: il appartient à son évolution et cette conviction est tellement ancrée en nous qu'on oublie l'origine....C'est le signe qu'elle est devenue notre seule réalité..."

A cauchemar is born, Jean-Charles Massera, 2007.

25 mai 2009

Coupat-ble!




"Si l'on traque avec tant d'avidité les témoignages "de l'intérieur" qui exposeraient enfin les secrets que la prison recèle, c'est pour mieux occulter le secret qu'elle est : celui de votre servitude, à vous qui êtes réputés libres tandis que sa menace pèse invisiblement sur chacun de vos gestes."

"Mais la plus remarquable imposture du système judiciaro-pénitentiaire consiste certainement à prétendre qu'il serait là pour punir les criminels quand il ne fait que gérer les illégalismes. N'importe quel patron – et pas seulement celui de Total –, n'importe quel président de conseil général – et pas seulement celui des Hauts-de-Seine–, n'importe quel flic sait ce qu'il faut d'illégalismes pour exercer correctement son métier. Le chaos des lois est tel, de nos jours, que l'on fait bien de ne pas trop chercher à les faire respecter et les stups, eux aussi, font bien de seulement réguler le trafic, et non de le réprimer, ce qui serait socialement et politiquement suicidaire."

"Le partage ne passe donc pas, comme le voudrait la fiction judiciaire, entre le légal et l'illégal, entre les innocents et les criminels, mais entre les criminels que l'on juge opportun de poursuivre et ceux qu'on laisse en paix comme le requiert la police générale de la société."

Julien Coupat, depuis sa geôle, Le Monde, 25 mai 2009.

16 mai 2009

Magistral naufrage


"Il n'était alors que second. Sur le Cygnus, un pétrolier qui battait pavillon libérien. Une époque où l'Afrique du Sud, alors sous embargo international, manquait cruellement de pétrole. Le Cygnus, plein à ras bord de brut iranien, avait déchargé sa cargaison à Port Elizabeth durant la nuit. Puis il avait repris la mer, par le cap de Bonne Espérance. Après avoir rempli ses cuves d'eau. Là ils avaient attendu les vents, la houle, n'importe quel brin de tempête.
Au sixième jour, ils avaient eu ce que cherchait le capitaine. Un roulis de vingt degrés. Un faible roulis pour un tel bateau. Le Cygnus était un navire de haute mer, construit pour affronter les intempéries. Le capitaine ordonna de naviguer écoutilles ouvertes, puis au lever du jour d'ouvrir les vannes. L'équipage fut invité à préparer ses valises. On mit les canots de sauvetage à la mer et ils s'y embarquèrent après avoir lancé des appels de détresse.
Le Cygnus coula majestueusement. S'y refusant presque. "Dommage". Ce fut le seul commentaire que s'accorda le capitaine."

Les marins perdus, Jean-Claude Izzo, 1997.

7 mai 2009

Autopromo


 Poursuite de notre petite promenade dans la grosse laverie des Vosges. Au passage j'en profite pour faire de la méchante auto promo aux habitués des parcours frichesques, s'il en reste. Vous trouverez chers visiteurs un nouveau lien sur ce blog, vers une gâterie répondant au blase "lascia perdere" (presque "laisse béton" en V.O.) Il s'agit d'une œuvre commune, quasi association de malfaiteurs, moi aux images et un sacré complice à la poésie. Depuis le temps que je le tannais tout en frimant pour faire moderne, bé voilà c'est fait, on y est, en ligne. C'est par ici.

27 avril 2009

n°3282


Paulo était un brave type. Le genre à pas rechigner à la tâche, toujours sur le pont...dès que le taulier avait un truc coton c'était pour sa pomme. Il est comme ça, Paulo frondeur et tête brûlée. Ha c'est sûr, que le boss l'avait à la bonne... Certains lui disait bien que ça lui rapporterait dalle, qu'au fond il resterait toujours un soutier, gagne petit à s'écorcher comme ça...Puis voilà, depuis l'accident il a une patte fondue. Les assurances ont rien voulu savoir....fallait pas turbiner le dimanche qu'ils ont dit...Quant au tenancier c'est limite s'il l'a pas engueulé.
Alors quand le vieux a pas voulu cracher les 5%, il était dans les premiers à monter là haut. Remarquez ils l'ont gardé deux, trois jours, pas plus...l'ont pas touché. C'est pas l'envie....mais... 6 mois de trou, comme dit sa bourgeoise, c'est cher payé pour avoir séquestré une enflure pareille.

15 avril 2009

Tout se paye un jour

Un jour je me disais, tout ce fatras en musique, ce serait pas mal...ça permettrait peut être de retenir le client, qu'il reste un peu plus longtemps. Alors j'ai cloqué un gadget à zoule dans la page. Ça avait de la trogne, ça faisait moderne et tout. Et puis paf, vlà qu'ils veulent faire banquer. Alors là niet! Non pas que je sois un assoiffé du tout gratos, mais bon ça va deux minutes de lâcher du flouze dans le vide...Et ils peuvent se le coller au frais leur chantage à la conscience du genre "il faut banquer sinon, bé, y aura pu de gentils artistes indépendants"...M'en fout tiens! Qu'ils aillent taffer en call center! Ils raconteraient moins de conneries dans leur chansouilles...Moi je veux bien raquer pour la création, un fond de chose fait pour ça, bien propre, genre financé sur les abonnements ADSL ou sur les prêts de médiathèques, du genre....mais pas pour les marges arrières de Virgin, Fnac , ziczic.com et consorts. Donc, jusqu'à nouvel ordre, ici, silence.

6 avril 2009

superfictions

Clin d'œil dissimulé dans la façade...comme un signe que l'on croise sur sa route sans y prendre garde...une sorte d'avertissement du destin, une faille étrange dans le déroulement du temps, qui vous laisse un sentiment singulier vaguer à l'âme. Puis, quelques jours plus tard vous dégringole sur le râble une de ces carambouilles qu'on ne souhaite pas aux pires raclures. Alors là, vous rembobinez le fil de la somme des évènements...c'était donc ça le signal que vous n'avez voulu voir, ni interpréter. Puis vous commencez à y croire et effeuillez des trèfles en comptant les feuilles...tâtez la patte d'un rongeur dans votre profonde...Mais si c'était vous le chat noir?...

30 mars 2009

Pousser les bleus


Il parait que le bleu apaise...que sous ses feux les braises sont atténuées...qu'il a cette pâleur tiède qui trompe les sens les plus tourmentés...que c'est pour cela qu'on en fait plein...des bleus...que pour les bébés mâles les chambres sont bleues...que certains disent c'est un bleu...ou vivent ou naissent dans le bleu...qui n'est jamais qu'un noir trop blanc...ou peut-être était-ce un vert dont on retire le jaune...Pour le moment.

26 mars 2009

Intérieur jour



Intérieur jour. Clap. Le type avance sur des œufs. Au moindre croustillements sous ses pas et il est repéré. Il ne lui reste plus que quelques encablures avant de pouvoir se planquer. Il n'a pu s'empêcher de la ramener...plus moyen de passer entre les gouttes. Le maton attendait le faux mouvement pour le poirer. Il parait que dehors ils sont libres...Mais savent-ils qu'ici aussi le moyen âge existe encore? Que les serfs sont désormais en costume cravatte, qu'ils vont et viennent comme les autres, mais sont fermement tenus en laisse invisible. Jusqu'à ce qu'ils craquent...

16 mars 2009

Sous les feuilles


La république perd un de ses résidents. Hier à Sousse, demain dans le Vercors à planer au bout d'un élastique...Faites monter l'artiste...Pas du genre à traîner à l'arrière des berlines...môssieur rêvait d'atomiseurs...plutôt à prendre des trains à travers la plaine.....soldat sans joie, tu nous a faussé compagnie...Il manquera. Pourquoi tu me disais? Parce que lui aurait pu rester jusqu'en 2043.

9 mars 2009

L'habitat en dents de scies

L'autre jour, je tenais la solution à la crise des Stas'Unis, rapport aux subprimes. Bé si, tenez plutôt que de refiler un tas de pognon à des banques (ou ersatzidés) qui savent pas trop quoi en foutre, ou si mal...Et bien, il faut que l'Etat fédéral casque pour racheter les bicoques des pauvres bougres qui se sont retrouvés à la rue, cause qu'ils pouvaient pu allonger. Ainsi, on fait oeuvre utile en (re)logeant des pôves malheureux et pi en plus on permet aux marchés de retrouver leur solvabilité...oué bon, laissons faire les pros, ça a l'air de marcher à mort.
Tiens à propos, le collectif Jeudi noir s'est fendu d'une carte des réquisitions possibles. Mmmm...il y aurait de quoi étoffer.

3 mars 2009

Le plein de vide



Un beau jour ils auraient filé...emportant tout le toutim...le fatras sur lequel on s'écorchait l'échine et on s'érodait l'espérance de...quoi? On aurait trouvé un tas de raisons, l'écran total fiscal!...Pas assez fort!...les cotisations choses qui étranglent!...l'infiltration des soviets.!..la méningite du travail!...les risques que prennent ces gens là...qu'on se rendait pas compte...qu'un jour ça craque!...normal. Pas croire que c'est facile non plus l'évasion fiscale...on vit dans le stress permanent...la traque est rude...presque un exil...une déchirure...Il parait que certains reviennent depuis peu... Depuis je garde toujours une valise de prête...au cas où.

27 février 2009

Sur les ruines des mots


"Le soir du discours du Führer à Königsberg, un de mes collègues qui avait vu et entendu Hitler à plusieurs occasions me dit qu'il était convaincu que cet homme finirait dans la folie religieuse. Pour ma part, je crois aussi qu'il aurait voulu se prendre pour un nouveau Sauveur allemand, que l'exaltation de la mégalomanie césarienne en lui était en conflit permanent avec le délire de persécution, ces deux états pathologiques se renforçant mutuellement, et je crois que c'est justement à partir d'une telle maladie que l'infection a gagné le corps du peuple allemand affaibli et psychiquement détraqué par la première guerre mondiale.
Mais, de mon point de vue de philologue, je continue de croire que si l'impudente rhétorique de Hitler a produit un effet aussi monstrueux, c'est justement parce qu'elle a pénétré avec la virulence d'une épidémie nouvelle dans une langue qui, jusqu'ici, avait été épargnée par elle, c'est parce qu'elle était au fond si peu allemande, tout comme le salut et l'uniforme imités des fascistes-remplacer la chemise noire par la chemise brune n'est pas une invention très originale- tout comme l'ensemble ornemental des manifestations de masse."

"LTI la langue du troisième Reich" Victor Klemperer 1995 (date de publication en Allemagne).

21 février 2009

Recommencements


Et bien voilà, poursuite de la visite...en réalité il en faut plusieurs de visites et parfois à des années d'intervalle pour arriver à récolter des images correctes. Il faut d'abord faire un petit repérage, puis il y a bien sûr et avant tout la météo et donc la lumière...mais l'œil a cette fâcheuse habitude d'être relié au cerveau, lequel est embrumé...a ses humeurs...n'a rien envie de voir...est pressé...ou distrait. Et ce qu'il n'aura pas vu une première fois, ou mal, il le verra mieux la seconde...ou pas...ou les suivantes. Alors il faudrait revenir un nombre incalculables de fois à l'ouvrage pour tromper ses propres travers. Jusqu'à ce que la technique permette un jour d'être définitivement des escrocs. Encore un effort.

14 février 2009

Improvision


La musique improvisée pourrait être un courant, un sous genre, un mouvement, une étiquette...du bruit...un fracas...un n'importe quoi que n'importe qui pourrait faire...un domaine réservé, une alcôve confinée et restreinte à quelques spécialistes de l'ultra pointu...cherchant toujours plus profond le recoin où ils se planqueraient du vulgaire, du conventionnel. Ni l'un, ni l'autre...une sensation, une tentative, à ne surtout pas laisser aux uns ou aux autres. Il suffirait simplement de laisser de côté une certaine forme de pré jugement, de dressage inconscient...une sorte de mise en l'état de l'esprit d'abord, qui se changera, ensuite, et sur le moment, en une expérience physique, si l'alchimie fonctionne...il se peut que non. Alors on recommencera quelques fois...pour être bien sûr. On reviendra ou pas, c'est selon. Une chose est certaine, on n'entendra jamais la même chose.

9 février 2009

La grande lessive


"Cette semaine le professeur Choron a:
Regretté que les C.R.S. n'aient pas encore expulsé à coup de lattes dans leur cul bénit, les catholiques traditionalistes qui occupent actuellement l'Église de Saint-Nicolas à Paris. Car, enfin, quoi, une église c'est un lieu sacré qu'il est sacrilège d'occuper. C'est à dire un lieu dans lequel il est sacrilège de dormir, de péter, de faire la tambouille, de bouffer, de roter et de déféquer. Et après l'occupation d'une église, il n'y a rien de plus décevant, quand on y pénètre pour prier Dieu, que de se casser une jambe en glissant sur une épluchure de carotte ou que de dégueuler ses tripes et boyaux en découvrant ses doigts pleins de merde après les avoir trempés dans le bénitier."
Le Professeur Choron, Charlie Hebdo, 3 mars 1977.


En fait de grande lessive, il est un cul non moins bénit par le saint patron de la connerie, qui officie en grand diacre sur les ruines de Charlie. Pas d'épitaphe pour le prof' mais les éditos d'un cuistre. Mais l'esprit du prof' reviendra se venger, et déversera des bénitiers de bouses en guise de déluge...Ainsi soit-il.

7 février 2009

Argent de poche


Petite causerie entre banquiers et députés sur l'utilisation de l'argent de poche du côté de l'assemblée nationale ...dont la mass média se contre fout d'ailleurs, tellement au chevet du docteur Knock. Bref, il s'agissait de savoir qu'ont-ils fait du flouze? Échanges en milieu tempéré:

Un député:
"Enfin, j’aimerais aborder la question des contreparties « éthiques ». Envisagez-vous de modifier votre politique de rémunération des opérateurs de marchés et, si oui, dans quel sens ? Qu’en est-il de la distribution de dividendes ?"

Oulàlà, on convoque la morale, en général rendu là c'est qu'on a plus des masses de cartouches.

Réponse d'un banquier:
"Je précise qu’en ce qui concerne BNP Paribas, 92 % de nos salariés sont actionnaires de l’entreprise et qu’une grande partie de leur patrimoine dépend du cours de l’action. Eux aussi souffrent de la conjoncture : le dividende leur est aussi destiné."

Hahahé, oui du détenteur de stocks au manard de guichet, les voilà faisant cause commune. Très habile.

Un banquier titillé sur le sujet :
"Les paradis fiscaux font l’objet d’une définition internationale, à travers la liste du GAFI. C’est aux pouvoirs publics qu’il revient de l’étendre !"

Même pas cap hé! Vas y remue la daube et je trouve un compte à ton nom là dedans!

Un député:
Que les grandes banques françaises présentent un solde net bénéficiaire et que dans le même temps elles ont une politique plutôt restrictive à l’égard des petits commerçants et des artisans. Voilà qui nous conduit à nous interroger. Avez-vous vraiment besoin de ces concours ? Si oui, sait-on véritablement tout de la situation de vos établissements et du système bancaire français ?

Hé voui, c'est comme les moutards, tu leur files 10 balles pour acheter le pain, ils reviennent avec un quignon et des malabars bi-goûts et gueulent qu'il y avait pas assez!

3 février 2009

Archéologie textile



C'est l'histoire d'un truc qui a disparu...le bon vieux capitalisme paternaliste à la papa....avec ses trognes burinées d'entrepreneurs visionnaires, ça sent le monocle et la montre à gousset...durs avec leurs ouailles, mais toujours là pour te construire un bout de ta bicoque...te faire des réducs dans le magasin de bouffe de la boîte. Pour peu que tu craches pas dans la soupe en allant t'encarter...que tu rechignes pas à l'effort national...pour le développement de la glorieuse patrie assaillie par le boche...mais généreuse overseas. Bhâ du moment que ça rapporte...Bref étouffé...mais aimé. Pis quand ça tournait vinaigre on pouvait toujours séquestrer un peu, occuper la machine...Pas comme maintenant, où tu peux toujours te brosser pour séquestrer le tôlier qui en deux clics mettra les bouts tiens!

Hum...Ballade, nous disions donc, sur la piste de ce petit bastion industriel de l'étoffe gisant dans une charmante vallée vosgienne. Pour un témoignage historique suivez les liens, mettez les patins et éteignez la zique en partant.