27 avril 2006

Le cimetière des locos de Sotteville (2005)



L'autre jour des potes me racontaient la funeste aventure qui leur était arrivée alors qu'il s'en revenaient de vacances dans un bled paumé du Tarn. Chargés comme des mulasses et harassés du voyage les voilà qui se pointent à une heure fort avancée, devant leur porte d'immeuble tapant victorieusement le code d'entrée. Et alors en lieu et place du grognement classique des portes qui s'avouent vaincues, un silence de mort. Rien. Quelques essais à nouveau, rageurs, le vide. Ces fumiers avaient changé le code pendant leur absence. Enfermés dehors!
Sous ces dehors anodins cette anecdote résume :ce que nous sommes: des primates condamnés à errer à l'extérieur de quelque chose.

26 avril 2006

Le cimetière des locos de Sotteville (2005)


Puté je voudrais pas passer pour un marseillidolâtre mais quand même. D'accord c'est une ville qui en fait des tonnes, qui pègue, qui t'ensuque la couenne, qui te colle aux pompes comme un vieux chamalow rôti, énervante, usante, dèjà tu traînes la patte...La rouille te guette.
Mais bon y en a pas des tas comme elle en France, mafieuse, rugueuse, patrie de Dédé Tronche Plate et de la French connection, et patrie de tous aussi un peu non?
Bon bon je m'emballe. Cependant cette ville a cela qu'elle conserve un petit côté indomptable, figé, pour le meilleur et pour le reste. Ainsi à la différence d'autres de sa catégorie, elle a su conserver une partie de ses quartiers populaires en son centre, à défaut de les remplacer complètement par des franchisés à la con pour le bonheur du consommateur du samedi. Il y reste des rues étroites et sombres qui fourmillent de Noailles au Panier. Cette architecture urbaine là est une insulte aux stratégies de sécurité et aux principes modernes de circulation, de contrôles et de surveillance des foules. Autant dire que le lifting n'est pas loin.

11 avril 2006

Le cimetière des locos de Sotteville (2005)


A croire que "il popolo" aime se faire rouler sur la gueule, qu'il en redemande, du strass, du rêve, et une bonne dose de cathodique téléguidé. Il (popolo) a retenu son geste, pourtant il avait un boulevard pour lui allonger sa tarte en pleine poire a sua emittenza...
Mais qui osera enrayer cette machine à connerie? Paso revient!

10 avril 2006

Le cimetière des locos de Sotteville (2005)



On a échappé à cette couv' , le train de la république n'a pas déraillé, cette fois encore, mais pour combien de temps. Juste quelques bosses plus tard.

2 avril 2006

Le cimetière des locos de Sotteville (2005)


La rouille reprend ses droits, vaguement concurrencée par une sorte de plancton terrestre. Pas besoin de parier sur le pourrissement ici, il se fait tout seul. En attendant la sanction du chalumeau populaire qui viendra rendre à cette carcasse sont statut de lambeau. J'me comprend.

29 mars 2006

Le cimetière des locos de Sotteville (2005)


Rhô voui, je vois d'ici les esprits fins se gausser sur ce qui n'est qu'une bête roue, pour les plus obtus du moins, voire un bout de bogie pour les plus cultivés. Bien. Mais passons sur ces détails techniques, l'heure est grave, la rue gronde.
Mais que n'avait-elle été attentive, la rue, aux multiples indices laissés ça et là par nos vaillants métallos?
Arrêtons nous un instant sur ces trois lettres discrètes: "S K F". "S" (encore lui!) Kill la France! Cette fois c'est clair, non?

27 mars 2006

Le cimetière des locos de Sotteville (2005)

 
Un dimanche, ballade aux bords des voies, soleil et bise normande. Les carcasses d'acier gisent au milieu d'un terrain vague qui a dû connaître l'époque où les trains de marchandises tenaient encore la dragée haute à la route. Depuis herbes folles et mousses tenaces envahissent les lieux. Le vent s'amuse à siffler entre les plaques de tôles ouvertes, le convoi attend un hypothétique départ pour une destination improbable.
Un autre dimanche où l'idée saugrenue me prit de vouloir faire découvrir les lieux à quelques amis de passage, nous fûmes éconduit par un agent de sécurité alors que nous touchions au but, au terme d'une longue marche dans un décor ferroviaire grisouille. Le type en question arborait une trogne patibulaire, et y ajoutait un zèle tatillon, à tel point qu'il nous suivit au ralentit avec sa bagnole durant au moins 1 km, tandis que son clebs dans le coffre gueulait tout ce qu'il pouvait.
Sommes pas passés loin de la bavure...

21 mars 2006

Le cimetière des locos de Sotteville





Poste de commande dévasté, le convoi file et le pilote a sauté dans le vide. Ou peut-être a-t-il été poussé? Nan! Il est encore là, il s'accroche le bougre, tel l'autre à son contrat...
Encore un petit effort et on monte tous dans le transperceneige...

20 mars 2006

Le cimetière des locos de Sotteville (2005)


Ceux qui sont aux manettes auraient-ils besoin d'une petite purge?
Déjà bons pour la casse? J'ai les adresses!

19 mars 2006

Le cimetière des locos de Sotteville





Il lui manque des morceaux au sigle majestueux. Est-ce à l'image de la boîte qu'il est censé représenter? L'érosion sans doute à moins qu'il ne s'agisse de pilleurs de tombes...
Toujours, que cette loco diesel "Fret" date un peu avec un tel joyau à la proue. Elle n'aura pas eu le temps de voir de son vivant, poindre sur ses flans le dernir né des usines marketeux.

Mais observons bien ce spécimen d'emblème: on peut y voir un "FN" entouré tel un serpent par "S", le tout gobé par "C". Que signifie cette allégorie curieuse résumant la situation politique du pays? Que vient faire un tel message subliminal dans un sigle d'entreprise, fut-elle publique?

Questions auxquelles cette série ne répondra pas, autant le dire tout de suite. Quant au reste...

14 mars 2006

Le cimetière des locos de Sotteville



Bercé par le tougoudoum et le tangage d'un corail gras, étrangement encore garni de voitures fumeur, je laissais errer mon regard sur le paysage. Du bocage on passe à la brique, de petits Liverpool se laissent découvrir, puis une voix crépitante annonce Rouen rive droite. Je chasse l'engourdissement qui m'avait envahi, on traverse un champ de voies ferrées, des trains de marchandises sont parqués en attente. Soudain mon attention se fixe sur des dizaines de locos diesel piquées de rouille et à demi éventrées.

6 mars 2006

Le Chai à vin de Rouen (2004)


Ouf, enfin extirpé de la gueule du monstre. Il est temps de laisser le chai digérer ses visiteurs dans quelques relants avinés et de passer à autre chose. Une herse de béton et de briques se dresse tandis que l'on tourne le dos au bloc. Espérons que ce tonneau trouvera un contenu à sa sauce...à suivre.

Prochaine série: les locos en désuétude de la gare de triage de Sotteville les Rouen.

1 mars 2006

Le Chai



Le tableau synoptique lumineux donne d'un coup d'oeil, au maître de chai, l'état des fluides qui parcourent l'intérieur comme les réseaux extérieurs de l'édifice.
Cette bête de plusieurs mètres de haut impressionne, non? Imaginez une sorte de docteur Folamour blindé au picrate qui se prendrait l'idée de tout faire sauter. Suant par tous les pores la jaja, cet animal cherche d'une main tremblante le bouton rouge, tandis que de l'autre il s'en resserre un...tremblez cloportes du monde libre! Des flots de pinards ne tarderont pas à se déverser sur vos vies insignifiantes!
Mais je m'emballe, il est temps de finir cette série.

26 février 2006

Le Chai à vin de Rouen (2004)


Au pied de la cabine de commande on se sent épié, vulnérable, à la merci de tout observateur embusqué. Derrière celle-ci on distingue vaguement la cage d'ascenseur qui conduit aux trois étages supérieurs.
Le sol du chai est jonché de détritus et de papiers gras. Ca et là on peut tomber sur un formulaire type de déchargement des navires, donnant la sensation étrange que les lieux ont été desertés prestamment.

21 février 2006

Le Chai à vin de Rouen (2004)


Une cathédrale vouée au pinard, pas de doute possible nous sommes bien en France. Sauf que ce pif là il venait des Aurès, de l'Atlas, de l'Oranais...Y aurait-il de quoi réécrire une loi? Réviser son histoire?
Le vide de ces coursives vaut bien celui d'une certaine "représentation nationale".

14 février 2006

Le Chai à vin de Rouen (2004)



Le poste d'observation, de là rien n'échappe au garde chiourme. Une vue circulaire sur l'ensemble des opérations à travers ce qui fut une baie vitrée qui depuis a volé en éclats. Encore une bien singulière application d'une stratégie panoptique irriguant le concept architectural des lieux. On retrouve d'ailleurs assez souvent ce principe dans l'organisation spatiale de zones dédiées à la production manufacturière, vague dérivé de l'univers carcéral où la maîtrise des corps est l'une des modalités du pouvoir.


13 février 2006

Le Chai à vin de Rouen (2004)


Le ventre du monstre...La Nef? C'est un sentiment bien étrange qui envahit le visiteur qui pénètre ces lieux. Un enchaînement de coursives et d'escaliers permet d'accéder aux étages du paquebot. Les cuves entourent le centre névralgique et sont distinctes pour éviter de malheureux mélanges de breuvages.
On ne peut s'empêcher de penser à une prison en observant la logique panoptique qui préside à l'organisation des lieux. Depuis le centre on peut tout voir et tout contrôler, gérer les flux, noter la moindre divergence, la plus petite entorse aux règles dictées par le maître de chai.

7 février 2006

Le Chai à vin de Rouen (2004)


Je suis resté interdit en découvrant pour la première fois ce mastodonte. Intrigué, je me rencarde sur la bête, tourne autour et avise un jour une brêche dans les parpaings obturant les entrées. Il fallait se baisser, presque ramper pour investir les lieux. J'avais le palpitant qui commençait à cavaler sévère. J'étais soudain propulsé quelques années en arrière : alors flanqué de quelques pré-pubères de mon espèce nous nous lancions dans des expéditions du genre. Se foutre la trouille, se raconter des histoires et oublier un peu tout le reste...

4 février 2006

Le Chai à vin de Rouen (2004)


L'activité du chai se tarit peu à peu jusqu'à s'assécher complètement aux débuts des années 1990. Un bref intermède de reconversion culturelle du lieu a laissé place à une longue moisissure. Désormais le bâtiment attend son heure: la dernière ou celle de gloire retrouvée?
Se murmurent ça et là les rumeurs les plus contradictoires, pelleteuse ou renouveau flamboyant pour la "cuve"? L'éteau se resserre sur le chai, à la mesure que la friche portuaire rouennaise se laisse grignoter par les projets de centres commerciaux suant le consumérisme du samedi, et autres multiplexes aux relants de pop-corn.
En attendant, le site a été livré aux vandales môssieur, aux curieux parfois, et soulève toujours des interrogations chez le badaud moyen.

Le Chai à vin de Rouen (2004)


Le Chai est un bloc, une masse de briques et de béton dans le plus pur style 50. Il est l'un des derniers témoins de l'activité industrialo-portuaire dans cette partie du port de Rouen, à quelques encablures du centre ville. Construit en 1950, sa vocation originelle était le stockage et le transit des vins en provenance de l'Algérie par bateaux. Un système complexe de tuyaux permettait de transborder la cargaison dans les flancs du chai, équipés de cuves.