26 juin 2011

Jaunes (les)


"Le premier "syndicat jaune" (Note: doivent leur nom à la couleur du papier mis aux fenêtres par les mineurs afin de remplacer les carreaux brisés par leurs assaillants) est fondé en novembre 1899 à Montceau-les-Mines par huit mineurs qui, refusant de participer à un mouvement de grève, appellent à la conciliation des intérêts ouvriers et patronaux. Cette initiative marque la naissance d'une nouvelle forme de syndicalisme qui entend incarner le "véritable socialisme français". D'abord circonscrit dans la région de Montceau, le mouvement des jaunes s'étend progressivement après la formation, en 1901, de la bourse [NDR du travail] indépendante de Paris et de l'union fédérative des syndicats et groupements ouvriers professionnels de France et des colonies. Dirigé par Lanoir, les jaunes tiennent leur premier congrès national en mars 1902. Le mouvement compte alors près de 100 000 adhérents, et bénéficie du soutien de l'association républicaine de Méline, de l'extrême droite antisémite et de différents organes de presse. La rupture entre Lanoine et Biétry, secrétaire général adjoint de la bourse du travail indépendante, modifie sensiblement l'orientation des jaunes. Le 1er avril 1902, Pierre Biétry fonde la fédération nationale des jaunes de France [FNJF], tandis que Lanoir tombe dans l'oubli. (...)

La FNJF s'élève contre le collectivisme, "système de réaction, une vieillerie, une antiquaille", contre l'étatisme, "conséquence naturelle du collectivisme", contre l'antimilitarisme, l'anticléricalisme,  la journée de huit heures, le droit de grève, et bien sûr, contre la lutte des classes. Biétry souligne que, à l'inverse des "manitous de la sociale" qui introduisent des principes "contraires à l'évolution de l'humanité", les syndicalistes jaunes sont "arrivés scientifiquement et expérimentalement à dégager la loi naturelle et par-là même nécessaire qui doit régir les rapports du capital et du travail".

L'extrême-droite en  France, De Maurras à Le Pen. Ariane Chebel d'Appolonia, (pages 142-143).


19 juin 2011

Seegmuller Armement


Série courte sur les entrepôts "Seegmuller armement", port de Strasbourg. En réalité ces vieilles photos sont pour ainsi dire exhumées des entrailles de mon disque dur, sollicité en cela par l'ami qui m'accompagnait au cours de cette ballade de printemps 2004.  J'avais quelques réticentes à lâcher ces clichés réalisés avec un vieux 24 36 Zenith à cellule externe et tirés dans des conditions catastrophiques. Au final, un peu de replâtrage et voilà le travail. 
Et il aurait été dommage de ne pas rendre compte de cette ballade au sein de ce véritable ilot frichesque en sursis, au milieu d'une expansion urbaine presque visible à l'oeil nu. Aujourd'hui un travail de réhabilitation a permis aux lieux d'accueillir une médiathèque ( je n'ai pas eu l'occasion de constater de visu ). Bonne ballade.

13 juin 2011

Atomes al dente (suite)


C'est un véritable feuilleton qui est en passe de se clore par une baffe magistrale pour B. Le referendum des 12 et 13 juin restera dans les annales constitutionnelles italiennes. Les électeurs se sont mobilisés en masse pour se hisser à la participation de 57% des inscrits (54.8% en comptant les électeurs résidant à l'étranger) atteignant le quorum de 50+1, condition sine qua non de la validation du bouzin. Et ils ont ainsi pris leur élan pour en infliger une belle en mode andata e ritorno à hauteur de 95% de "Si".

Quatre si, donc, pour dire si à l'abrogation de la reprise du programme nucléaire en Italie, à la privatisation de la gestion de l'eau potable (2 questions, l'une sur la gestion déléguée, l'autre sur les modalités de financement) et enfin à l'évacuation de loi sur l'empêchement à un procès pénal. Ce dernier poing atterri pleine face, telle une statuette sacrée lancée par un peuple ivre, dans celle de B. Pour la première, la nucléaire, elle ramène la France au rang des derniers malades continuant vaille que vaille, et hors toute consultation démocratique, sur la voie du tout atome.

Retour sur les derniers soubresauts de la consulta. Comme nous le disions ici, l'affaire était loin d'être entendue, il a fallu que la Cour de Cassation italienne confirme, appuyée en cela par la Cour Constitutionnelle, la tenue du referendum. Ce fût fait quelques jours avant la tenue de ce dernier, par la mise au placard d'une piètre tentative de suspension de reprise du programme nucléaire via l'insertion de dernière minute d'une disposition dans un décret "omnibus" (sic). Ce faisant, la Cour de Cassation avait cependant légèrement modifié le libellé de la question portant sur le nucléaire pour y inclure, justement, les replâtrages de dernière minute du gouvernement de B. et consistant en l'insertion d'une suspension branlante, si l'on peut dire, s'agissant de l'intéressé.
Cette modification pour corrective qu'elle pût paraître, n'en posait pas moins un sérieux problème pour les électeurs italiens ne résidant pas sur le territoire national. En effet ces derniers avaient depuis longtemps déjà reçu leur matériel électoral avec l'ancien libellé des questions. Alors que faire? La question était cruciale car ce sont quelques 3 millions d'italiens votant potentiels qui sont concernés, et autant donc en moins pour le décompte du quorum si leur vote n'est pas considéré valide...Panique à quelques jours de la tenue du scrutin. 
Les peurs sont désormais dissipées, avec un tel taux de participation il semble que la question ne soit plus là, mais bien de compter les jours de B. au pouvoir. On se prend à rêver d'un départ, à l'instar d'un Craxi, pour la Tunisie. Buon viaggio, presidente, là-bas ils savent désormais quoi faire des gibiers de ce genre...Forza!



5 juin 2011

Frémissement cadavérique


"On peut le comprendre que dans le cadre plus général de l'attitude des gens face au système. Celui-ci ne semble même plus tenir ses promesses sur le plan "matériel"; il n'y a plus d'horizon indéfini de "progrès". Devant cette situation, les gens réagissent de façons très diverses. Les uns, par apathie politique. Je crois aussi percevoir, et je ne crois pas être victime d'un optimisme qui fausserait mon jugement, un, disons, frémissement chez des gens plus jeunes, qui sont plus prêts qu'il y a dix ans à se poser des questions, à critiquer et peut-être même à faire quelque chose. Et puis, en effet, dans un autre partie de la population, où il y avait sans doute un terrain favorable, on observe effectivement des manifestations d'extrême droite: on trouve là tout un mélange de racisme "traditionnel", de désarroi, de ressentiment face à cette société, etc. Encore qu'il ne faille pas non plus sous-estimer le rôle de certaines manoeuvres électorales politiciennes du président Mitterrand pour faire perdre des voix à la droite traditionnelle; grâce auxquelles les socialistes, à mon avis, vont se retrouver un jour derrière Le Pen aux élections..."

Cornelius Castoriadis, une société à la dérive. Entretiens et débats 1974-1997.

16 mai 2011

Room 2806




" FRANCFORT, 12 mai 2011 (AFP) - La Grèce "n'a pas besoin" de restructurer sa dette, a estimé jeudi à Francfort (ouest) le directeur Europe du Fonds monétaire international Antonio Borges, en suggérant qu'Athènes privatise encore davantage pour se renflouer.
  (...)
      En revanche, le responsable du FMI a suggéré que les Grecs privatisent davantage que les "50 milliards d'euros évoqués", pour accroître leur "crédibilité".
      "Leurs dettes sont importantes mais leurs actifs aussi", a-t-il commenté, affirmant que "le gouvernement grec dispose d'un portefeuille d'actifs extraordinaire, bien plus important que beaucoup d'autres pays européens".
      "Les 50 milliards qu'il s'est engagé à privatiser représentent certainement moins de 20% de ce qu'il pourrait faire", a-t-il dit, admettant que privatiser davantage "n'est pas facile".
      "C'est un processus difficile, il y a des obstacles politiques et des résistances syndicales" mais si Athènes décide de suivre cette voie "cela accroîtra immédiatement leur crédibilité", a-t-il jugé."



Tu vois, Grec, il faut PRIVATISER! PRIVATISER!....ton Parthénon là....les chinois en donneraient sans doute quelque chose...
Et bien le patron de la boutique monétaire internationale va pouvoir nous dire, après une expérience de terrain, ce qu'il pense du système pénitentiaire (privatisé) US. Et puis, comme apparemment c'est open bar du côté des chefs d'inculpation, on pourrait en remettre une petite louche votre honneur? Comme ça, pour la déconne...Histoire de faire un best of du fond monétaire. Non, déconnez pas! Présomption et tout ça...Et puis, tout de même, depuis qu'un socialiste tenait le bouzin, ça avait une autre tenue...Disons, un peu ambiance république de Salo version Pasolini. Je crois que ça c'était mal terminé...

     

10 mai 2011

Taisez-vous!


"On abandonne tous terrains collectifs, on se replie sur son existence individuelle ou micro-familiale, on se soucie de rien qui dépasse le cercle très étroit des intérêts personnels. Ce mouvement est encouragé par les couches dominantes; non pas qu'il y ait, évidemment, une conspiration, mais il y a toute la dynamique du système. La société de consommation, c'est cela: achetez un nouveau téléviseur, et taisez-vous; achetez un nouveau modèle de voiture, et taisez-vous. Même la prétendue libération de la sexualité va en partie dans ce sens. Vous voulez du sexe?  Eh bien, voilà, on vous donne du sexe, on vous donne plein de porno et terminé. Il en est ainsi au plan économique, mais il en est ainsi aussi au plan politique: c'est ce qu'exprime la bureaucratisation de toutes les instances de la vie collective. Faites-nous confiance, on est les experts, on est les techniciens, on est le parti qui défend vos intérêts. On est le président que vous avez élu, on est le gouvernement que vous avez porté au pouvoir, donc faites-nous confiance et laissez-nous faire; vous verrez au bout de quatre ou de sept ans. Tout cela encourage l'apathie des individus, tout cela détruit l'espace public comme espace d'activité collective par laquelle les gens essaient de prendre en charge leur propre destin. On le constate en France, aux Etats-unis, dans tous les pays occidentaux (et autres, du reste). Maintenant, si nous prenons uniquement cette tendance, faisant abstraction du risque de guerre et construisant une sorte de type idéal de l'évolution possible de la bureaucratisation de la société, mais bureaucratisation molle, sans terreur, sans Goulag. Tout simplement, les gens seraient amenés à faire ce que le régime, le pouvoir, les couches dominantes exigent qu'ils fassent en étant simplement manipulés par la dynamique de la conservation et de la consommation, par les médias, par les organismes bureaucratiques qui gèrent les différents domaines de la vie sociale, etc."


Les significations imaginaires, 1981, Cornélius Castoriadis.

8 mai 2011

Atomes al dente



En Italie, les 12 et 13 juin prochains, devrait avoir lieu l'une des consultation électorale les plus importantes depuis une vingtaine d'années. La constitution italienne prévoit la possibilité de consulter les citoyens par referendum afin de recueillir leur assentiment à l'abrogation de certaines dispositions législatives: cette procédure est connue sous les termes referendum abrogativoTrois questions ayant trait à l'abrogation de trois dispositions législatives devraient ainsi être posées au peuple italien. 
La première concerne l'instauration de la procédure d'empêchement à un procès pénal et vient s'empiler sur la liste tristement longue des modifications ad personam du code de procédure pénal italien, taillées sur mesure pour B. Je vous passe les détails.
La seconde concerne la privatisation de la distribution de l'eau, et, si elle n'est pas abrogée, fera connaître aux italiens les joies de la gestion déléguée de la flotte. La France commence enfin à sortir la tête de ces eaux là, les italiens eux s'apprêtent à y plonger.  Après trente piges de gestion de l'eau par la Lyonnaise et la Générale (devenue Veolia) même les plus rétifs aux régies publiques ont fini par être convaincus d'arrêter les frais, c'est dire...Là aussi, je vous passe les détails.
La troisième question est sans doute la plus délicieusement irradiante. En réalité elle fait indéniablement froid dans le dos, même si on peut rêver encore longtemps qu'elle soit posée aux citoyens de l'hexagone. Elle consiste à demander aux électeurs de la péninsule s'ils souhaitent l'abrogation de la loi engageant l'Italie dans un programme de construction de centrales nucléaires. Petit flashback...En 1987, les italiens sont consultés par referendum sur la même question et, la gueule encore pâteuse du nuage de Tchernobyl, avaient dit basta! Depuis, des pelletées de sables ont été jetées sur les barres de graphite et B. a remis le sujet au gout du jour. L'Italie aura donc son parc nucléaire, et pas n'importe lequel puisqu'il sera français môssieur! Lauvergon (Areva) et Sarko ont fait les yeux doux au cavaliere, mais l'histoire ne dit pas si les termes finaux de l'accord ont été négociés au cours d'une des désormais fameuses bunga bunga!...
L'encre est à peine sèche sur le contrat qu'un grain de sable se glisse dans les barres de combustible: un petit incident de niveau 7 dans la centrale de Fukushima au Japon. La situation devient soudainement critique: rendez-vous compte si les italiens se déplaçaient en masse et que la participation au referendum atteigne le quorum? Pire, et si emportés par leur élan les électeurs rejetaient le paquet complet, déclenchant du même coup un tsunami judiciaire sur la collection de procès au pénal de B. et douchant au passage le business plan des transnationales de la flotte? 
Le gouvernement italien a donc bricolé vite fait un moratoire destiné à congeler le programme nucléaire et dans le même temps à torpiller la troisième question du referendum. En effet, en vertu d'une loi constitutionnelle de 1970, si la disposition législative objet du referendum est abrogée avant sa tenue, alors ce dernier est caduc. La question est désormais entre les mains de la cour de cassation italienne ("bureau du referendum") qui, en toute logique, devrait faire fi de cet artifice et confirmer la tenue de la consultation des 12 et 13 juin 2011. Du moins il faut l'espérer...
Ensuite restera aux électeurs italiens la tâche de couler un sarcophage de béton définitif sur ces projets mortifères. Dans un pays à fort risque sismique, où la mafia gangrène la plupart des appels d'offres et sans même parler du drame des déchets dans la région de Naples, la seule voie possible est le rejet de cette greffe.
Popolo italiano, svegliati!

2 mai 2011

Dead or alive?


L'ennemi mondial numéro 1 depuis 10 piges a été exécuté! Notez qu'il valait mieux pas trop le chopper vivant celui-là...et puis quoi! Une arrestation? "Laden, Ben, vous avez le droit de garder le silence, tout ce que vous direz pourra"...et un baveux, du genre Vergès mode cheeseburger. Voyez un peu...Et à la barre, de réciter la lune de miel avec l'oncle Sam...puis les premières brouilles. Jusqu'aux embrouilles....Non, non dead or dead. Point final. 
Du coup, je croyais que Vigipirates allait redescendre dans le vert, qu'on allait arrêter de voir des types en treillis et en armes arpenter nos gares avec des trognes à pas faire de sommations. Ben, non. Parait que c'est pire. A quoi bon alors? 
Terrorisme et nicotine? Il n'y a pas de sociétés sans risques qu'ils disaient, pour nous vendre encore quelques siècles d'atomes. Chuuuuut! Fukushima s'endort.

13 avril 2011

Rusty greenwashing


"Ce que c'est que la confiance. Des dizaines de têtes-à-tête entre Nicolas Hulot et le président de la République Jacques Chirac ont conduit au néant. Quant à l'argent de l'industrie et de la télé, il aura surtout servi à crier dans le désert qu'il faut agir. Très vite, c'est à dire demain, après-demain, après-après-demain. Retenez-le ou il va faire un malheur. C'est tout le malheur." (...)
"Osons un commentaire sarcastique. Douze année de présidence de la République et des d'heures de discussion privées avec Hulot ont mené Chirac à l'interdiction des sacs plastiques en caisses. La planète ne brûle plus, elle se marre."

Qui a tué l'écologie? Fabrice Nicolino 2011.

12 avril 2011

L'humeur à la fenêtre


Sous les stroboscopes des prompteurs escamoté, Fukushima! Rideau...c'est loin...les vents tournent...le reste aussi. Que le soufflet retombe...sinon lampe à huile et bougie!
Atonie générale, englués par les comploteurs de l'ombre, qui il y a 40 piges ont fait des choix pour nous. Les barbus des années 60...rasés à coup de matraque! Désormais, matraquons les cerveaux. Comme si les mines d'uranium nigériennes étaient inépuisables...comme si nos besoins ne devaient que toujours augmenter...Privatisons par dessus le marché!...
Alors j'éteins, vainement, la lumière...et quelqu'un a touché l'interrupteur de Gbagbo. Disons que Bolloré, Suez et consorts changent de fondé de pouvoir avec une discrète ingérence. 
Le lichen embue les vitres du wagon. Les voyageurs ne veulent plus voir, ne savent que trop. 

28 mars 2011

Voyage avec l'ennemi


"L'avion a décollé et la caméra continué. Ma copine et moi, on parlait. Les boissons sont arrivées. J'avais la poésie et une chouette femme en prime. La vie me souriait. Mais attention aux pièges. Chinaski, fais gaffe aux pièges. Tu as mené un dur combat pour avoir la vie que tu voulais. Ne laisse pas une vague adulation et une caméra de cinéma tout foutre par terre. Souviens-toi des paroles de Jeffers-les hommes les plus costauds peuvent se faire piéger, comme Dieu quand il posa le pied sur terre.
Enfin, tu n'es pas Dieu, Chinaski, détends-toi, prends un truc, un autre verre. Tu devrais peut-être dire un truc profond pour le preneur de son? Non, qu'il se démerde. C'est leur film après tout. Jette un oeil aux nuages. Tu voyages avec les cadres sups d'I.B.M., de Texaco, de...
Tu voyages avec l'ennemi.
A la sortie de l'aéroport, dans l'escalier roulant, un type me demande:
"Pourquoi toutes ces caméras? Keski se passe?
-Je suis poète, je lui dis.
-Un poète? Il demande, comment vous appelez-vous?
-Garcia Lorca", je fais..."

Au sud de nulle part, Charles Bukowski, 1973.

20 mars 2011

Propre, sûre et pas chère


Elle est propre! Pas de fumées suspectes, pas de gaz à effets de serre!..Rien qu'un peu de vapeur d'eau, quasi pas un pet de CO2 et...des machins à enfouir sous le tapis pendant 300 ans minimum. 
Elle est sûre! Du moins chez nous, pass'que nos ingénieurs à nous c'est pas des brèles. Attention, on plaisante pas avec la sécurité en France! Enfin, rendu au 12ème échelon de sous traitance, quand on te dit qu'il y a plus de piles pour les dosimètres, pose pas trop de questions et prend une douche. Pis si ça pète à côté, ben, on a une sorte de micro climat anticyclonique qui repousse tout. 
Elle est pas chère! Il parait que le litre d'uranium est carrément moins cher que le litre de gasoil. Faudrait pas non plus mettre bout à bout les coûts de retraitement et de stockage des barres de merdier. Je vous parle même pas de la liste des fiascos en tous genres: Brennilis, Super Foiré, demain l'EPR?...
On continue ou le champote sur la photo est suffisamment suggestif? 
Je sais, pour ces propos sarcastiques on devrait au minimum me couper le jus et m'imposer une semaine d'éclairage à la bougie. Plutôt, je vais aller brûler un cierge à la mémoire des cons qui ont parsemé l'hexagone de 58 bombes et qui continuent à vouloir nous éclairer.

25 février 2011

Petite Ceinture 2.0


Pfou!!...je remonte des archives là...un bon coup de dépoussiérage s'imposait. Une vieille série sur Fricherie_s que celle consacrée au chemin de fer de ceinture avait bien besoin d'un coup de jeune. Pour des raisons obscures à l'époque j'avais omis certains clichés. En faisant le ménage dans tout ça, j'en retrouve qui méritent bien un coup d'oeil. En vieil escroc je fais donc du jeune avec du vieux et vous propose une série revigorée en la forme de diptyques photographiques. Alors pour les fanatiques de la PC, allez-y.

Les travées de Dieu sont multi services


"La France a toujours assimilé des nourritures étrangères. Cette assimilation, c'est toute son histoire depuis le XVI ème siècle au moins. Mais, depuis 1930, tantôt par admiration, tantôt par épouvante, une partie de la France est en état d'hypnose devant l'Europe brutalisée.
Madame Charroux, qui pleurait l'autre soir, parce que deux françaises oubliaient devant les Allemands la dignité du vaincu, me parle aujourd'hui de communisme. La peur du communisme la met en état de transe. Mais elle n'a peur que d'un mot. Ce qu'elle connaît du communisme lui vient des journaux. Elle ne sait pas que Staline l'a tué. Et je me demande si sa haine du lointain Staline n'égale pas celle du proche Hitler.
La détresse où nous sommes anéantit un instant mon égoïsme. 
Quoi est vrai? La guerre, la politique, l'homme, Dieu? Dieu existe peut-être, mais plus loin que les religions ne l'ont mis. Tel qu'on nous le présente, il est une solution facile, bonne pour la paix, bonne pour la guerre, bonne pour les saints et les criminels de droit commun. Il me fait penser à ces outils à tous usages que les mécaniciens méprisent et qui sont à la fois pince, tenaille, marteau et tournevis."

Léon Werth, 33 jours.

14 février 2011

Dans un silence assourdissant



Denis Robert, conspué par la mass média et toute la valetaille prétentieuse, houspillé judiciairement par la horde d'avocats de La firme, a été enfin lavé de toute accusation de diffamation. La cour de cassation, casse sans renvoi l'arrêt de la cour d'appel de Paris qui avait reconnu diffamatoires les propos tenus dans le documentaire "les dissimulateurs" et les deux livres "la boîte noire" et "Révélation$". L'écho médiatique autour de cette importante décision de justice pour le droit à l'information est à la hauteur de l'intérêt que porte pour ce même droit les faiseurs d'opinion et autres meutes de chiens de garde. 

Extrait de l'arrêt de cassation, concernant le documentaire "les dissimulateurs" :
"Attendu que la chaîne de télévision Canal + a diffusé dans l’émission “90 minutes”, le 1er mars 2001, un film documentaire intitulé “Les dissimulateurs” réalisé par MM. Robert et Clément ; que la société luxembourgeoise Clearstream banking visée par les investigations, estimant que certains passages de l’émission portaient atteinte à son honneur et à sa considération, a fait assigner M. Lescure, directeur de la publication de la chaîne de télévision, M. Robert, écrivain, et la société Canal + au visa des articles 29 et 32 de la loi du 29 juillet 1881 ;
Attendu que pour relever le caractère diffamatoire des passages poursuivis du reportage «Les dissimulateurs» et refuser le bénéfice de la bonne foi à leur auteur, l’arrêt, après avoir admis que celui-ci avait poursuivi un but légitime en recherchant si la société Clearstream banking, chambre de compensation internationale, offrait les garanties de transparence nécessaire et ne favorisait pas des transferts financiers frauduleux ou des opérations de blanchiment, et qu’aucune animosité personnelle à l’égard de cette société n’était démontrée, retient que l’enquête réalisée ne conforte pas les imputations litigieuses et que l’auteur s’est livré à des interprétations hasardeuses en assimilant les comptes non publiés à des comptes occultes servant à enregistrer des transactions frauduleuses et en présentant la société Clearstream comme abritant une structure de dissimulation, tirant ses bénéfices de sa complicité avec des entreprises criminelles et mafieuses Qu’en statuant ainsi, quand l’intérêt général du sujet traité et le sérieux constaté de l’enquête, conduite par un journaliste d’investigation, autorisaient les propos et les imputations litigieux, la cour d’appel a violé les textes susvisés."

7 février 2011

Insurrection paquerette





Si demain les suisses envahissaient les rues de Genève et de Zurich...
Mais nous ignorions que la Suisse fût à ce point une tyrannie...que sous l'herbe grasse se terrait une ignoble dictature du propre...une infecte montagne de neutralité au chocolat au lait...Cet étouffant écrin cristallin ouate et rose...hygiénique et lisse...qu'au fond nous n'avions pas saisi la mesure de ce secret bancaire si opaque. 
Mais maintenant nous savons. Cette fois, nous sommes prêts. Si les suisses se soulevaient demain, nous n'appellerions pas au calme. Nous ne proposerions pas non plus notre savoir faire anti-émeute au service du gouvernement fédéral. Nous serions fermes et déterminés, une fois deniers retirés, à soutenir l'insurrection. Voire même irions nous jusqu'à geler les comptes bancaires que les dirigeants de la junte suisse auraient ouverts dans nos beaux établissements de crédit. 
Aux dernières nouvelles aucun signe d'agitation en suisse.
Nous restons vigilants.

26 janvier 2011

La vérité au zinc du coin...


"Les gens ne s'expriment pas; tout le travail de la société instituée a, depuis toujours, visé à les persuader que ce qu'ils ont à dire n'est pas important, mais que l'important est ce que connaissent et disent Giscard, Marchais ou Mendès France, les spécialistes de l'économie et de la politique (dans le cas général, des pseudo-spécialistes de pseudo-sciences). Ce travail a atteint son but, et les gens se disent: "Ce qui me préoccupe, moi, est sans grande importance, ce sont de petites conneries personnelles; les grandes affaires de la société, je ne peux pas en parler parce que je n'y connais rien". Nous avons à détruire les effets de ce travail, inverser les signes de valeur, répandre l'idée évidente que tous les discours qui remplissent quotidiennement les journaux, la radio, la télévision sont d'une importance quasi nulle et que les préoccupations des gens sont la seule affaire importante du point de vue social."

Cornelius Castoriadis, une société à la dérive. Entretiens et débats 1974-1997.

23 janvier 2011

"On fabrique les fauves de demain"


"Ne pensez-vous pas que si vous aviez tué le président Petit vous n'auriez plus été un homme qui se bat contre les QHS mais tout simplement un assassin. Et les assassins, les gens n'aiment pas ça...


Vous parlez d'assassin. Je vais vous répondre. La société assassine moralement les hommes en quartier de haute sécurité. Alors, il faut pas faire aux autres ce que l'on veut pas que l'on fasse à soi-même. La société assassine les détenus, les assassine jour après jour, nuit après nuit. Les QHS, c'est un assassinat légalisé. Donc j'aurais répondu à l'assassinat moral de ces gens-là par un autre assassinat. Ne demandez pas à un home d'être raisonnable quand, justement, la justice et le gouvernement ne le sont pas."

Interview de Jacques Mesrine, Libération, 3 janvier 1979.

Post Scriptum: Le titre du billet est une expression de Jacques Mesrine à propos des QHS.

10 janvier 2011

2011


Après un petit intermède déconnecté, nous y revoilou, photo de voeux en prime. 
Disons que ça ressemblait à 11 vu d'ici. Et de chez vous?...ha bon. Les soirée de pleine lune faut toujours faire gaffe. J'vous en ressert un verre chaque année de cette cuvée là : Rouen, le port, 2005, pleine lune, apéro avec un ours, une heure pour retrouver un gastos et puis exposition longue...longue.
La santé quand même...hein?...mouais. Bhâ, faut que j'retrouve mes autorails moi.

6 décembre 2010

Mission civilisatrice


A plus d'un titre, le bordel foutu par les types de WikiLeaks, agit comme un formidable révélateur de ce que sont les pouvoirs en place dans les démocraties occidentales..."le monde libre"...les "démocraties à économies de marché"...
Evacuons rapidos le traitement médiatique réservé au contenu mis en ligne par Wikileaks, car avant qu'une task force officielle de grands titres ne soit mise en place, on était bon pour les reprises de conneries à la limite du people, sinon pour un dénigrement à risposte graduée, sur ceux qui ne savent pas comment s'y prendre, que faire du journalisme c'est compliqué et pis que ça s'apprend à l'école. Bref, le fatras habituel des marquis sentant leur perchoir vaciller.
Nan, vertigineuse de bêtise crasse en revanche est la réaction des Bessons et consorts. Je ne résiste pas, écoutez celle-là, tirée du blog de la députée Muriel Marland-Militello: 
"Wikileaks n'a pas de place dans l'internet civilisé que nous devons construire. En effet, un internet sans un minimum de régulation est un danger pour tous alors que l'internet civilisé est une chance pour chacun, au service de la démocratisation culturelle, de l'accès à l'information et au savoir. Ces faits d'une extrême gravité appellent à une réflexion mondiale sur ce que doit être l'internet."
Le truc a le mérite de ne pas faire de détour, c'est un véritable plan de civilisation pour les barbares, un peu à la manière des gentils colons apportant la lumière aux sauvages africains...voyez un peu. Et puis, un coup de nappage de liberté pour préparer le bon gros filtre qui fera qu'en un coup de bouton poussoir votre FAI deviendra censeur, la toile un gros minitel...Une réflexion mondiale? Pourquoi pas? Tiens!...je suis certain qu'en Chine, en Iran ou en Corée du Nord, ils ont des idées sur la neutralité du net...
Ces types ce sont eux qui auraient vu dans l'imprimerie un danger, dans la roue une chose suspecte, bref qui auraient condamné Galilée.